Syndrome de l’intestin irritable (SII)

Syndrome de l’intestin irritable (SII) 2017-07-21T09:28:00+00:00

Test du SII en trente secondes

Veuillez faire ce test pour savoir si vous pourriez être atteint du SII


*malaise signifie une sensation inconfortable qui n’est pas une douleur
La douleur ou le malaise s’atténue-t-il parfois après le passage des selles?
La douleur ou le malaise est-il lié à un changement de fréquence des selles?

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Syndrome de l’intestin irritable (SII)Aperçu

Si vous présentez les symptômes suivants de façon continue, il est possible que vous souffriez du SII :

Abdominale, douleur
Ballonnement
Constipation
Diarrhée

Le SII est un trouble gastro-intestinal fonctionnel qui est chronique et souvent débilitant. Ses symptômes comprennent la douleur abdominale, le ballonnement et des changements dans les comportements intestinaux, tels que la constipation ou la diarrhée ou encore des selles qui alternent entre les deux. Dans le SII, le fonctionnement ou le mouvement intestinal n’est pas tout à fait normal. Il n’existe pas d’examens médicaux qui puissent confirmer ou exclure un diagnostic de ce trouble, mais c’est la maladie gastro-intestinale la plus courante au monde et le trouble le plus fréquemment présenté par les patients qui consultent un spécialiste gastro-intestinal (gastroentérologue).

Le SII peut commencer au cours de l’enfance, à l’adolescence ou à l’âge adulte et peut disparaître de façon inattendue pour certaines périodes au cours de la vie d’une personne et réapparaître à n’importe quel âge. Des études suggèrent qu’il peut toucher environ de 13 à 20 % des Canadiens à un moment quelconque. Le risque pour un Canadien de développer le SII au cours de sa vie est de 30 %. Au Canada et dans la plupart des pays occidentaux, le SII semble se manifester beaucoup plus fréquemment chez les femmes que chez les hommes, mais la raison de ce fait demeure incertaine.

Bien que chaque personne vit une expérience unique des symptômes connus du SII, cette maladie peut appauvrir la qualité de vie de façon importante. Chose intéressante, environ seulement 40 % des personnes qui ont des symptômes du SII consultent un médecin à ce sujet.

Au fil des ans, on a donné à cet ensemble de symptômes une variété de noms y compris colite muqueuse, névrose colique, colite spasmodique, et côlon irritable, mais ces noms sont tous trompeurs surtout parce que le SII ne se limite pas au gros intestin (côlon). Le SII est parfois confondu avec la colite ou avec d’autres maladies inflammatoires du tube digestif, mais la différence est claire – dans le cas du SII, l’inflammation ou l’infection n’est pas évidente.

 

Symptômes

Rares sont les personnes qui n’ont pas souffert de crampes abdominales, de ballonnements, de constipation, ou de diarrhée à un moment donné de leur vie. Cependant, celles qui souffrent du SII éprouvent ces multiples symptômes plus fréquemment et plus intensément au point où ceux-ci perturbent la qualité de leur vie quotidienne.

Une personne atteinte du SII a probablement un système digestif sensible dont la réactivité est très aiguë, de sorte que le tractus intestinal répond assez différemment aux stimulus intestinaux normaux comme le passage de solides, de gaz et de liquides à travers les intestins. Ces mouvements hors du commun peuvent entraîner de la difficulté à passer des selles ou un besoin soudain et urgent de passer des selles. Jusqu’à 20 % des personnes atteintes du SII rapportent un passage inopportun de selles. Certaines personnes qui souffrent du SII peuvent également avoir à forcer pour passer les selles tout en ressentant une évacuation incomplète (ténesme) et un immense soulagement de la douleur ou de l’inconfort lorsque le gaz ou les selles arrivent enfin à passer. Une substance filamenteuse (mucus) peut recouvrir les selles.

Certaines personnes pourraient éprouver différentes combinaisons de symptômes, un de ceux-ci étant prédominant, tandis que les autres symptômes digestifs sont plus aléatoires et imprévisibles. Ces expériences digestives et leur nature imprévisible peuvent mener à un niveau d’anxiété élevé pour le patient atteint du SII. La consistance des selles peut varier énormément, allant de selles complètement liquides à si dures et séparées qu’elles ressemblent à de petits cailloux. Des facteurs externes tels que le stress peuvent changer la consistance des selles. Le SII est divisé en sous-groupes différents qui sont liés à la consistance des selles.

  • SII-D : les contractions de l’appareil digestif sont rapides, propulsant le produit de la digestion rapidement à travers le tube digestif et entraînant des selles fréquentes et liquides (diarrhée).
  • SII-C : les contractions de l’appareil digestif sont lentes, retardant le transit du produit de la digestion et entraînant des selles dures et difficiles à passer (constipation).
  • SII-M : la durée de transit des aliments dans l’appareil digestif varie occasionnant chez les patients un mélange de diarrhée et de constipation, alternant souvent entre les deux. Ces consistances extrêmes de selles peuvent même avoir lieu pendant un même passage de selles.

Une douleur intestinale peut se produire lorsque le contenu passe lentement à travers une section de l’intestin alors que le contenu passe rapidement dans une autre section. Ces actions simultanées peuvent produire des selles dont la consistance alterne entre la constipation et la diarrhée, parfois pendant un même passage de selles. De plus, des contractions prolongées de l’intestin peuvent empêcher le passage normal de l’air et provoquer des ballonnements, des éructations, et des flatulences. Les ballonnements peuvent devenir si graves que les vêtements deviennent trop serrés et le gonflement du ventre est visible aux autres.

La douleur se manifeste de façons différentes chez ceux qui souffrent du SII. La douleur peut être continue ou épisodique, apparaître brusquement puis disparaître rapidement, se produire occasionnellement ou fréquemment et passer d’une partie de l’intestin à une autre très rapidement. La douleur digestive se produit souvent après un repas et peut durer des heures. Ceux qui souffrent du SII ont tendance à avoir une réaction plus rapide et plus intense aux douleurs dans le tube digestif que ceux qui n’en souffrent pas. Les résultats d’un sondage que nous avons mené – 2 961 répondants obtenus – ont démontré que ne nombreuses personnes connaissent différents degrés de douleur découlant du SII. En évaluant le degré de sévérité de la douleur éprouvée au cours des trois derniers mois, 39 % ont rapporté une douleur abdominale légère, 53 % une douleur modérée et 31 % une douleur grave. Seulement 4 % des répondants n’avaient connu aucune douleur abdominale au cours des trois derniers mois. En outre, plus de 62 % des personnes aux prises avec le SII ont indiqué que leur douleur persistait après la selle.

 

Autres expériences

D’autres symptômes survenant à l’extérieur du tube digestif qui pourraient être liés au SII comprennent les troubles du sommeil, la fibromyalgie, les maux de dos, la douleur pelvienne chronique, la cystite interstitielle, la dysfonction de l’articulation temporomandibulaire, l’état de stress post-traumatique, et les migraines. Les femmes qui souffrent du SII ont aussi signalé de l’inconfort pendant les rapports sexuels (dyspareunie). Notre sondage a démontré que 32 % des personnes atteintes souffrent d’une certaine forme de trouble de l’humeur, 27 % du reflux gastro-œsophagien pathologique et 27 % d’un trouble d’anxiété.

La plupart des gens souffrant du SII indiquent que leurs symptômes font obstacle à leur vie quotidienne. Les patients qui souffrent du SII-D ou du SII-M se sentent souvent incapables de s’engager dans des activités professionnelles et sociales loin de chez eux sauf s’ils sont certains d’avoir un accès facile aux toilettes. Certains patients souffrant du SII-C ont souvent tant de douleur qu’ils trouvent le moindre mouvement corporel gênant. La douleur et le passage fréquent des selles ou encore la préoccupation de ne pas pouvoir évacuer les selles pourraient rendre la participation aux activités scolaires, professionnelles et sociales, difficiles. Notre sondage a montré que 46 % des patients touchés par le SII qui travaillent ou qui vont à l’école affirment manquer au moins une journée de travail pendant une période de trois mois moyenne à cause des symptômes du SII.

Les personnes qui souffrent du SII pourraient vivre une diversité d’émotions fortes liées à cette maladie qui varient en intensité et qui pourraient comprendre l’anxiété, la dépression, la honte, la peur, le reproche, la culpabilité, la colère et la perte d’estime de soi. Heureusement, la gestion psychologique du SII peut souvent contribuer à réduire ces symptômes.

 

Diagnostic

Comme les symptômes du SII sont variés et qu’il n’existe pas de tests organiques précis pour déterminer si un patient est atteint du SII, une partie du processus de diagnostic consiste à éliminer la présence d’autres maladies connues. Typiquement, un médecin prend les mesures suivantes pour établir un diagnostic du SII :

Antécédents médicaux : Un médecin examine les antécédents médicaux du patient, prenant en considération les habitudes de passage des selles, la nature et l’apparition des symptômes, la présence ou l’absence d’autres symptômes et les signes qui pourraient indiquer un autre diagnostic. Il est important de noter les symptômes qui ne sont pas liés au SII. Ils comprennent la perte de poids, la présence de sang dans les selles et la fièvre. Si le besoin d’aller à la selle vous réveille de votre sommeil, vous devez le signaler à votre médecin, car ce n’est pas un symptôme typique du SII et pourrait avoir d’autres implications.

La douleur intestinale et la douleur utérine ou ovarienne peuvent être difficiles à distinguer l’une de l’autre, donc les affections gynécologiques coexistantes pourraient retarder ou confondre le diagnostic du SII chez les femmes.

Examen physique : Lors d’un examen physique, l’intestin peut démontrer des contractions musculaires involontaires saccadées (contractions spastiques) et paraître sensible, bien que la santé physique du patient paraisse généralement normale dans l’ensemble.

Examens exploratoires : Un médecin pourrait demander des tests pour exclure la possibilité de présence d’autres maladies. En effectuant un examen scopique, le médecin visionne l’intérieur du tube digestif avec un instrument introduit par la bouche (gastroscopie) ou par l’anus (coloscopie/sigmoïdoscopie). L’instrument scopique consiste d’un tube creux et flexible muni d’une lumière et d’une caméra vidéo minuscules.

Le médecin peut aussi demander une analyse de sang ou un test de selles de routine pour exclure la possibilité de présence de maladies organiques connues. Certains symptômes de la maladie cœliaque chevauchent ceux du SII, et donc des antécédents médicaux familiaux qui démontrent l’existence de cette maladie pourraient être une bonne raison d’investiguer.

Un médecin fait un diagnostic du syndrome de l’intestin irritable après avoir pris les mesures mentionnées ci-dessus et après avoir pris en considération la nature des symptômes du patient par rapport à l’information donnée dans le Test du SII en trente secondes.

 

Causes possibles

Les causes du SII sont encore inconnues. Cette maladie se présente principalement comme un trouble fonctionnel accompagné de contractions anormales des muscles intestinaux. Quoique le SII soit chronique et douloureux, il n’existe aucune preuve d’un lien entre ce trouble et un risque accru de maladies intestinales plus graves comme la maladie inflammatoire de l’intestin ou le cancer colorectal.

Bien qu’elles ne soient pas prouvées, il existe des théories quant aux facteurs qui influencent les symptômes du SII, notamment :

  • l’hypersensibilité neurologique dans les nerfs gastro-intestinaux (entériques)
  • le stress physique ou émotionnel
  • les problèmes alimentaires tels que les allergies ou les intolérances alimentaires ou encore les mauvaises habitudes alimentaires.
  • l’emploi d’antibiotiques
  • une infection gastro-intestinale
  • la malabsorption des acides biliaires
  • la quantité ou les habitudes d’exercice physique
  • l’abus chronique d’alcool
  • les anomalies des sécrétions gastro-intestinales ou des contractions des muscles digestifs (péristaltisme)
  • les infections aiguës ou l’inflammation de l’intestin (entérite), comme la diarrhée du voyageur laquelle pourrait précéder l’apparition des symptômes du SII.

L’appareil gastro-intestinal (GI) est très sensible à l’adrénaline, l’hormone sécrétée lorsqu’on est agité, qu’on a peur ou qu’on est anxieux, ainsi qu’à d’autres hormones. Le changement du taux d’hormones chez les femmes influence aussi le tractus gastro-intestinal, donc les symptômes du SII peuvent s’aggraver à des moments précis pendant le cycle menstruel. Comme les hormones influencent la durée de transit des aliments à travers le tube digestif, ceci pourrait expliquer la prédominance du SII chez les femmes, bien que les données probantes font défaut.

Il est important de noter que puisqu’il n’existe aucune preuve définitive sur la cause du SII, de nombreuses « causes » possibles qui ont été promues et des « remèdes » qui ont été publiés par rapport à ce syndrome ne sont que de simples spéculations.

 

Gestion

Le tractus gastro-intestinal est un système extrêmement complexe, influencé par de nombreux nerfs et de nombreuses hormones. Il est clair que le type d’aliments consommés, la fréquence de la consommation et l’environnement dans lequel elle se produit, ainsi que divers médicaments ont un effet sur les sécrétions et la motilité de l’intestin.

L’aspect le plus important du traitement du SII est que les patients apprennent à reconnaître la nature de leurs symptômes spécifiques et tout facteur qui a le potentiel d’aggraver ou de déclencher ces symptômes. Il est également utile de reconnaître qu’il peut prendre du temps à l’intestin de reprendre un fonctionnement plus normal.

 

Modifications à l’alimentation et au mode de vie

L’intestin répond à la façon dont nous mangeons et à l’heure à laquelle nous mangeons. Il est donc important de consommer des repas réguliers, bien équilibrés et à portions modérées plutôt que d’avoir une alimentation irrégulière et variable. À l’occasion, les symptômes du SII s’améliorent si l’on prend suffisamment de temps pour manger régulièrement et suivre les routines de toilette.

Certains patients qui souffrent du SII affirment que les gras alimentaires ainsi que l’additif alimentaire, la GMS (glutamate monosodique), déclenchent des symptômes. D’autres patients constatent que leurs symptômes s’aggravent quand ils boivent beaucoup de liquide en mangeant. D’autres trouvent que consommer des fruits et des légumes cuits, plutôt que crus, réduit les symptômes du SII. Le patient aux prises avec le SII devrait éviter ou réduire la consommation de stimulants gastro-intestinaux comme la caféine, la nicotine et l’alcool particulièrement si son symptôme principal est la diarrhée.

Les patients qui souffrent du SII ne produisent pas nécessairement une plus grande quantité de gaz, mais leurs intestins pourraient être extrêmement sensibles au passage de gaz. Réduire la quantité d’air avalé étant donné qu’il est la source principale de gaz intestinaux, et éviter la consommation en grande quantité d’aliments qui produisent des gaz peut s’avérer utile pour ces personnes. Pour diminuer la quantité d’air avalé, évitez de mâcher de la gomme, d’engloutir les aliments, de boire des boissons gazeuses, de faire passer les aliments avec des liquides et de boire à petites gorgées des boissons chaudes.

Les prothèses dentaires mal ajustées, l’écoulement post-nasal chronique, la douleur chronique, l’anxiété ou la tension peuvent aussi contribuer à augmenter la quantité d’air avalé.

Une thérapie proposée contre le SII, le régime appauvri en FODMAP, gagne en popularité en Amérique du Nord. FODMAP signifie Fermentable Oligosaccharides, Disaccharides, Monosaccharides, and Polyols (oligosaccharides, disaccarides, monosaccharides et polyols fermentescibles). Ce sont les noms de glucides mal digérés qui s’acheminent au gros intestin où ils sont fermentés par les bactéries qui y résident. Pour de nombreuses personnes, ces aliments n’occasionnent aucun ennui, mais certaines personnes atteintes du SII affirment que ces aliments aggravent leurs symptômes. Dans le cadre du régime, l’on évite des aliments précis pendant six à huit semaines dans le but d’éliminer les symptômes. Si les résultats sont positifs, les FODMAP peuvent être graduellement réintroduits au régime jusqu’à un apport tolérable. Les FODMAP se trouvent dans de nombreux aliments, donc les enlever du régime peut augmenter le risque de carences alimentaires. Quoique les résultats des études menées sur le régime appauvri en FODMAP suggèrent qu’il est prometteur comme une approche de gestion du SII, il n’aide pas toutes les personnes atteintes et des recherches plus poussées sont donc requises.

Les menus faibles en FODMAP de SOSCuisine sont conçus pour être suivis durant la période d’élimination et la période de tests de réintroduction des FODMAP. Ils éliminent en grande majorité les glucides fermentescibles de l’alimentation afin de réduire au maximum les symptômes tout en assurant une alimentation équilibrée. SOSCuisine vous accompagne aussi, après la période de tests de réintroduction, en vous permettant d’éliminer un ou plusieurs FODMAP dans n’importe lequel de ses menus.

En gardant un journal alimentaire et en prenant note de tous les effets indésirables, vous pourrez rapidement déterminer quels aliments occasionnent des problèmes afin de les éliminer de votre régime et trouver une approche qui vous convient le mieux. Assurez-vous de consulter un diététiste professionnel avant d’éliminer un groupe alimentaire à long terme. Pour plus d’informations sur les groupes alimentaires et une alimentation équilibrée, consultez le Guide alimentaire canadien, disponible auprès de Santé Canada.

 

Fibres

Une mesure importante pour contrôler les symptômes du SII est d’augmenter la consommation de fibres alimentaires végétales que le corps humain ne peut pas digérer de soi-même. La teneur en fibres dans les aliments reste inchangée avec la cuisson, bien que le processus puisse changer leurs effets dans l’intestin. Lorsque l’on considère la consommation de fibres, il est important de noter la teneur en fibres et le type de fibres (solubles ou insoluble) que contiennent les aliments.

Augmentez graduellement votre consommation de fibres alimentaires, permettant à votre corps de s’adapter au changement, tout en veillant à aussi augmenter la quantité d’eau que vous buvez. Cela permettra de minimiser les effets négatifs qui peuvent découler d’un changement brusque au régime alimentaire. Votre médecin ou votre diététiste pourrait recommander l’ajout d’une de nombreuses préparations commerciales de fibres concentrées telles que Benefibre® ou Metamucil® à votre régime alimentaire.

Les fibres insolubles augmentent le volume des selles, augmentent le tonus musculaire colique, et accélèrent la durée de transit du contenu gastro-intestinal, soulageant ainsi les symptômes d’une constipation légère.

Les fibres qui sont insolubles dans l’eau comprennent :

  • la lignine (trouvée dans les légumes)
  • la cellulose (trouvée dans les grains entiers)
  • l’hémicellulose (trouvée dans les céréales et légumes)

Les fibres solubles forment des gels lorsqu’ils sont mélangés avec de l’eau, ce qui rend le contenu intestinal plus collant et résistant au flux (visqueux) de sorte que la nourriture reste plus longtemps dans le tube digestif. Cela est important pour les personnes qui souffrent de diarrhée.

Voici quelques exemples de fibres qui sont solubles dans l’eau :

  • les pectines ( ex., les pommes, les bananes, les pamplemousses, les oranges, les fraises)
  • les gommes( ex., le chou, le chou-fleur, les pois, les pommes de terre, l’avoine, l’orge, les lentilles, les pois secs, les haricots)

Il est importantdenoterquechez certainspatients qui souffrent du SII-D, unealimentationtropriche enfibres de son pourrait provoquerune diarrhée plus fréquente, tandis qued’autres typesdefibrespourraient quand même être bénéfiques. Consultezvotremédecin ou votre diététiciensivousavez des questions concernant les fibres dans votrerégime.

 

Stress

Distinct du système nerveux central, l’intestin possède son propre système nerveux (entérique) autonome, qui régule le processus de digestion des aliments et l’élimination des déchets solides. Le système nerveux entérique communique avec le système nerveux central et ils s’influencent mutuellement. De nombreux patients qui souffrent du SII signalent des niveaux élevés de stress, ce qui pourrait être attribué à des facteurs tels que de mauvaises habitudes de sommeil, trop de travail et une consommation excessive de caféine, d’alcool ou de tabac. Le SII n’est pas un trouble psychologique, même si le stress, la dépression, la panique ou l’anxiété peuvent aggraver les symptômes intestinaux. L’exercice et le repos adéquats peuvent aider à réduire le stress et avoir une influence positive sur les symptômes du SII.

Les traitements psychologiques comme les techniques de relaxation, la gestion du temps, les changements de mode de vie, et la restructuration cognitive peuvent accentuer le traitement médical.

 

 

Physiothérapie

Le plancher pelvien est formé de muscles qui aident à contrôler la défécation. Les patients atteints du SII pourraient connaître une perte de coordination du plancher pelvien (dyssynergie/anisme). Un physiothérapeute ayant une formation en réhabilitation du plancher pelvien peut pratiquer un examen complet qui pourrait comprendre un examen digital du vagin (chez les femmes), un examen digital rectal, l’observation et la palpation du périnée et de la paroi abdominale et une évaluation au moyen de la rétroaction biologique électromyographique (EMG). Le but du traitement de physiothérapie est de développer la capacité à totalement relaxer le plancher pelvien tout en permettant aux forces de propulsion légères des muscles abdominaux profonds d’évacuer complètement les selles. La physiothérapie peut aussi aider les personnes dont le symptôme prédominant est la diarrhée et qui connaissent une défécation impérieuse ou une incontinence fécale aux selles aqueuses. Vérifiez auprès de votre association régionale de physiothérapeutes pour trouver un physiothérapeute agrée dont la formation porte sur l’incontinence ou le plancher pelvien.

 

Médicaments

Les chercheurs sont continuellement à la recherche de nouveaux médicaments pour traiter les symptômes du SII et votre médecin pourrait donc vous prescrire des produits autres que ceux énumérés, en fonction de vos symptômes. Voir le tableau des médicaments.

Comme le SII se présente principalement comme un trouble de motilité, les médecins prescrivent généralement des médicaments qui conviennent à cette situation. Les agents en question, le bromure de pinavérium (Dicetel®) et le maléate de trimébutine (Modulon®) aident à rétablir le processus normal de contraction de l’intestin. Ils sont plus efficaces lorsqu’ils sont pris pendant un cycle complet de traitement et ne sont pas conçus pour un soulagement immédiat des symptômes ni pour une utilisation sporadique ou intermittente. Le Dicetel® est un antagoniste du calcium sélectif à l’appareil digestif, qui agit en bloquant l’absorption du calcium, et contribue à synchroniser les mouvements des muscles intestinaux. Le Dicetel® traite les symptômes de douleur abdominale, de troubles intestinaux et d’inconfort intestinal chez les femmes et les hommes. Le Modulon® régule la motilité en modérant l’affinité des récepteurs opiacés kappa et ralentit les mouvements de l’intestin. Ces agents peuvent empirer les gaz et les ballonnements puisqu’ils relâchent les muscles intestinaux et ralentissent le passage des gaz dans l’intestin.

Les médicaments antidiarrhéiques suivants fonctionnent en modifiant l’activité musculaire de l’intestin, et ce faisant ralentissent la durée de transit des aliments :

  • le lopéramide non narcotique (Imodium®), également utile dans l’incontinence fécale car il aide à resserrer le sphincter anal
  • les agents narcotiques tels que la diphénoxylate (Lomotil®), la codéine, la teinture d’opium et l’élixir parégorique
  • les agents antispasmodiques qui bloquent la transmission des impulsions nerveuses, tels que le sulfate de hyoscyamine (Levsin®), le dicyclomine (Bentylol®) et le butylbromure de hyoscine (Buscopan®)

Les médicaments antidiarrhéiques ne sont pas généralement utiles à long terme pour les personnes qui souffrent du SII-M, et sont déconseillés chez celles qui souffrent du SII-C.

Certains produits peuvent soulager la diarrhée et la constipation à la fois en gonflant l’intestin, l’aidant à mieux fonctionner en réglant la durée de transit de son contenu et la consistance des selles. Parmi ces produits sont divers agents de masse, qui ajustent la consistance et la fréquence des selles en absorbant (se liant à) l’eau. Les produits commerciaux contenant des fibres et qui offrent ces bienfaits sont les céréales de son, les gaufrettes, les enveloppes d’ispaghula, les graines de psyllium (Metamucil®) et l’inuline (Benefibre®). N’oubliez pas d’y aller doucement lors de l’ajout de ces produits à votre régime et d’augmenter votre consommation d’eau. Lisez attentivement les étiquettes, ou consultez un pharmacien pour vous assurer que le produit aidera à soulager vos symptômes.

Un agoniste du récepteur de la guanylate cyclase de type C, le linaclotide (Constella®) traite le SII-C. Il agit localement dans les intestins pour augmenter la sécrétion de fluides intestinaux et le transit intestinal. Ce médicament n’est que minimalement absorbé par le corps. Dans le cadre d’essais cliniques, Constella® a démontré une amélioration statistiquement significative des habitudes intestinales (p. ex, selles spontanées, selles complètes et spontanées, consistance des selles et effort à la défécation) et des symptômes abdominaux (p.ex., la douleur abdominale, les ballonnements, les malaises abdominaux et le pourcentage de journées sans douleur abdominale) pendant une période de traitement de 26 semaines. L’effet secondaire le plus souvent signalé était une diarrhée légère à modérée.

L’eluxadoline (Viberzi™) est un médicament à prise orale approuvé pour le traitement des multiples symptômes associés au SII-D chez les adultes. Il agit localement dans les intestins et n’est que minimalement absorbé par le corps. Il ralentit le transit intestinal et les sécrétions intestinales, et réduit la douleur abdominale. Dans le cadre d’essais cliniques, Viberzi™ a donné lieu à des améliorations importantes au niveau des habitudes intestinales (p. ex., journées sans besoin impérieux d’aller à la selle, consistance et fréquence des selles) et des symptômes abdominaux (p. ex., douleur abdominale et ballonnements) pendant une période de traitement de 26 semaines. Une constipation légère à modérée était l’effet secondaire le plus commun.

D’autres médicaments pourraient réduire les symptômes par leur différent mode d’action. Par exemple, les enzymes pancréatiques telles que Cotazym®, Creon®, Pancrease®, Ultrase®, et Viokase® peuvent aussi, dans un petit nombre de cas, soulager les symptômes du SII en facilitant la digestion. Les agents qui lient les sels biliaires, comme la résine de cholestyramine (Olestyr® et Questran®), aident à traiter la diarrhée, et sont particulièrement utiles lorsque la durée de transit des aliments dans l’intestin grêle est très rapide. Les antidépresseurs et les médicaments contre l’anxiété, peuvent, à faibles doses aider le système nerveux entérique à se détendre. Ils peuvent aussi soulager la douleur et améliorer les troubles du sommeil. Iberogast®, un médicament composé d’extraits de plantes, peut aider à soulager les symptômes du SII. L’efficacité de ces agents diffère d’une personne à une autre.

 

Probiotiques

Les probiotiques sont des microorganismes vivants (bactéries et levures) qui colonisent normalement l’intestin humain et qui sont essentiels au maintien d’une fonction gastro-intestinale normale. Ces probiotiques sont souvent connus sous le nom de flore intestinale, bien que ce terme ne soit pas tout à fait approprié puisque la flore se rapporte aux plantes, et non aux microorganismes. Certaines recherches font un lien entre l’origine et le développement (pathogenèse) de divers troubles intestinaux chroniques et les perturbations de la flore intestinale elle-même ou encore à l’incapacité du corps à interagir correctement avec la flore. Ces résultats ont encouragé les scientifiques à développer de nouvelles façons de modifier l’écosystème intestinal complexe comme moyen de thérapie. Ils ont également invité la communauté médicale à intensifier leurs efforts pour réduire l’utilisation des antibiotiques, puisque ceux-ci peuvent perturber l’équilibre naturel des microorganismes dans l’intestin. Cependant, certains antibiotiques ont démontré un bénéfice dans le SII.

Bien que les probiotiques aient un attrait particulier dans le traitement du SII, les défis associés à ce traitement sont nombreux. Bon nombre de produits commerciaux ne contiennent pas la quantité de bactéries vivantes comme le prétendent leurs étiquettes. De plus, les puissants acides gastriques tuent la plupart des probiotiques (que les fabricants d’aliments ajoutent aux aliments comme le yogourt) avant qu’ils atteignent le côlon, où ils ont besoin d’être en état vivant pour faire leur travail. Si vous souhaitez ajouter des probiotiques à votre alimentation, il est probable que vous ne les trouverez pas en quantité assez suffisante dans le yogourt pour améliorer votre santé digestive, comme le prétendent certains spécialistes du marketing.

Certains produits commerciaux contiennent des quantités suffisantes de probiotiques et leur préparation spéciale les aide à franchir l’environnement acide de l’estomac. Les nouvelles découvertes scientifiques suggèrent que des probiotiques particuliers ne sont efficaces que pour certaines conditions médicales. Nous demandons donc aux consommateurs de s’assurer que les probiotiques qu’ils achètent ont été éprouvés comme traitement pour leur condition médicale.

Les véritables avantages et risques potentiels des probiotiques sur la santé GI n’ont pas encore été déterminés, mais la recherche dans ce domaine novateur progresse rapidement. Des exemples de produits de santé naturels qui contiennent des bactéries probiotiques pour le traitement du SII sont TuZen® (Lactobacillus plantarum 299V) dont l’efficacité dans le soulagement des douleurs abdominales, des ballonnements, de la constipation et de la diarrhée a été éprouvée, et Align™ (Bifantis® Bifidobacterium infantis 35624) qui contre les symptômes comme les malaises abdominaux, le gaz et les ballonnements. Un autre exemple est Florastor® (Saccharomyces boulardii lyo), la bonne levure digestive (naturellement trouvée sur la peau des litchis et des mangoustans en Indochine) dont l’efficacité dans la régulation de la fréquence et de la consistance des selles a été éprouvée. Les gouttes BioGaia® (Lactobacillus reuteri) sont efficaces dès la petite enfance pour réduire les épisodes de coliques.

Au fur et à mesure que notre compréhension du milieu complexe de microorganismes existant dans l’intestin humain s’approfondit, nous serons possiblement en mesure de personnaliser les traitements aux probiotiques pour en faire des traitements importants et efficaces du SII.

 

Tableau de médicaments et de traitements

Douleur abdominale

Analgésiques pour soulager la douleur abdominale:Antidépresseurs :Antispasmodiques :Opioïdes entériques :Antagoniste du calcium sélectif à l’appareil digestif :Agoniste du récepteur de la guanylate cyclase de type C :Agoniste du récepteur opioïde µ /antagoniste du récepteur opioïde δ :Autres :
le médicament privilégié est l’acétaminophène (Tylenol®) sans codéinep. ex., l’amitriptylinesulfate de hyoscyamine (Levsin®), dicyclomine HCl (Bentylol®), bromure de propanthéline (Dicetel®), butylbromure hyoscine (Buscopan®), alcaloïdes de belladone, phénobarbitalmaléate de trimébutine (Modulon®)bromure de pinavérium (Dicetel®)linaclotide (Constella®)eluxadoline (Viberzi™)Iberogast®, Lactobacillus plantarum 299V (TuZen®), Bifantis® Bifidobacterium infantis 35624 (Align™)

 

Ballonnements (gaz intestinaux)

Antiflatulents :Antagoniste du calcium sélectif à l’appareil digestif :Agoniste du récepteur de la guanylate cyclase de type C :Agents de motilité :Agoniste du récepteur opioïde µ /antagoniste du récepteur opioïde δ :Autres :
siméthicone (p. ex., Gas-X®), autres agents (p. ex., Diovol®), antiacides/antiflatulents (p. ex., Maalox®)bromure de pinavérium (Dicetel®)linaclotide (Constella®)maléate de dompéridoneeluxadoline (Viberzi™)essence de menthe poivrée, Iberogast®, Lactobacillus plantarum 299V (TuZen®), Saccharomyces boulardii lyo (Florastor®), Bifantis® Bifidobacterium infantis 35624 (Align™), Lactobacillus reuteri (Gouttes BioGaia®), pour la colique infantile, qui est généralement liée aux gaz intestinaux

 

Constipation

Agents de masse :Antagoniste du calcium sélectif à l’appareil digestif :Agoniste du récepteur de la guanylate cyclase de type C :Agent protecteur des muqueuses :Laxatifs osmotiques :Autres :
son, graines de psyllium ou dérivés d’enveloppes d’ispaghula (p. ex., Metamucil®), polycarbophile de calcium (Prodiem®)bromure de pinavérium (Dicetel®)linaclotide (Constella®)misoprostol (Cytotec®)hydroxyde de magnésium (lait de magnésie), lactuloseIberogast®, Lactobacillus plantarum 299V (TuZen®)

 

Diarrhée

Antagoniste du calcium sélectif à l’appareil digestif :Antidiarrhéiques (groupe 1). Modifient l’activité musculaire de l’intestin, diminuant la durée du transit de son contenu :Antidiarrhéiques (groupe 2). Agents hétérogènes de masse qui modifient la consistance et la fréquence des selles en absorbant (se liant à) l’eau dans l’intestin :Autres :
bromure de pinavérium (Dicetel®)Antispasmodiques sulfate de hyoscyamine (Levsin®), dicyclomine (Bentylol®), bromure de propanthéline, butylbromure hyoscine (Buscopan®), alcaloïdes de belladone, le phénobarbital
Agents antidiarrhéiques narcotiques sulfate de diphénoxylate atropine (Lomotil®), codéine, teinture d’opium, élixir parégorique
Antidiarrhéique non narcotique chlorhydrate de lopéramide (Imodium®)
Agoniste du récepteur opioïde µ /antagoniste du récepteur opioïde δ eluxadoline (Viberzi™)
Sels biliaires liants résine de cholestyramine (Olestyr®, Questran®) Agents de masse son, graines de psyllium ou dérivés d’enveloppes d’ispaghula (par exemple, Metamucil®), la gomme de guar, inuline (p. ex., Benefibre®, Metamucil®, Simply Clear)Iberogast®, Lactobacillus plantarum 299V (TuZen®), Saccharomyces boulardii (Florastor®)

 

L’avenir

Au fil du temps, avec la compréhension et l’adhésion fidèle à un plan de traitement individualisé, de nombreux patients qui souffrent du syndrome de l’intestin irritable peuvent s’attendre à une amélioration importante de leur état. En fait, les statistiques montrent qu’environ 10 % des patients atteints du SII voient leur condition s’améliorer chaque année, même si un nouvel ensemble de personnes développe l’affection, ce qui maintient le pourcentage de personnes dans la population atteintes de SII à un moment donné relativement constant.

Le SII demeure une affection qui peut appauvrir sérieusement la qualité de vie d’une personne, et malheureusement, ce ne sont pas toutes les personnes atteintes du SII qui verront leurs symptômes disparaître. Dans la plupart des cas, le traitement sera continu et individualisé pour répondre aux besoins précis des patients et pour améliorer leur fonctionnement quotidien.

 

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