Maladie inflammatoire de l’intestin (MII)

Maladie inflammatoire de l’intestin (MII) 2017-05-09T14:10:05+00:00
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Anatomie intestinale

Maladie inflammatoire de l’intestin (MII)Pour mieux comprendre la MII, une courte présentation de l’anatomie du tractus gastro-intestinal (GI) est utile. Il ne s’agit pas d’une description complète, mais elle comporte les notions élémentaires.

L’appareil digestif se compose d’un long tube (canal alimentaire) dont la forme et la fonction varient comme il serpente à travers le corps, de la bouche jusqu’à l’anus. La taille et la forme du tube digestif varient d’après la personne (p. ex., âge, sexe, taille et état de la maladie). Les dimensions qui figurent ci-après sont celles d’un homme adulte moyen.

La partie supérieure du tube digestif comprend la bouche, la gorge (pharynx), l’œsophage et l’estomac. Le processus de digestion débute dans la bouche lorsque la mastication décompose et mélange les aliments de façon mécanique tandis que la salive commence la modification chimique des aliments. Mastiquer et avaler (ingérer) requiert un effort réfléchi, mais lorsque les aliments atteignent l’œsophage, un mouvement automatique et rythmique (péristaltisme) les propulse plus loin dans le tube digestif. Plusieurs systèmes de l’organisme fournissent les produits chimiques requis pour la digestion, l’absorption et l’élimination. Si tout se déroule bien, le passage des aliments d’un endroit des intestins au prochain est précisément coordonné de façon à ce que les aliments restent à chaque endroit pour juste la bonne période de temps.

La durée de transit est le temps qui s’écoule entre le moment où la nourriture entre dans la bouche et celui où elle est finalement éliminée comme déchet sous forme de selles. Un repas prend de 12 à 72 heures à s’acheminer à travers le tube digestif. Chaque personne est unique; des habitudes intestinales qui sont normales pour une personne peuvent être très différentes de celles des membres de la famille ou des amis. Certaines personnes n’ont pas d’habitudes régulières et ne savent jamais à quoi s’attendre. La composition et la quantité des aliments ingérés, la présence d’une maladie ou d’un trouble GI ainsi que d’autres facteurs influencent la durée de transit.

L’estomac, un organe en forme de sac d’une longueur d’environ 25 cm (~10 po), fait suite à l’œsophage et est situé dans la partie gauche de la cavité abdominale. Son diamètre s’accroît lorsqu’il reçoit les aliments, pouvant contenir jusqu’à 4 litres (quoiqu’il ne faut pas manger jusqu’à ce que l’estomac s’étire complètement). Les aliments baignent dans de puissants produits chimiques qui les décomposent en formes plus simples, tandis que l’épaisse paroi de l’estomac empêche les produits chimiques de pénétrer dans le corps tout en serrant son contenu à l’aide de puissants muscles circulaires et longitudinaux.

La partie inférieure du tractus GI comprend le petit intestin (intestin grêle) et le gros intestin (côlon). Les noms de ces organes portent à confusion puisque le petit intestin est trois fois plus long que le gros intestin. Petit et gros font référence au diamètre : de 2,5 à 3 cm (~1 po) pour le petit intestin et de 6,5 à 7 cm (~2,5 po) pour le gros intestin.

L’intestin grêle est un long et étroit tube torsadé qui débute à l’estomac et se termine au côlon en serpentant à l’intérieur de l’abdomen. Sa surface interne est énorme grâce à la présence de millions de protrusions filiformes, appelées villosités, couvertes de fins prolongements, appelés microvillosités. C’est là où une grande partie de la digestion et de l’absorption des aliments se produit. Le premier segment de l’intestin grêle, le duodénum, est le plus court et sa longueur est semblable à celle de l’estomac (25 cm/~10 po). Il est suivi du jéjunum (2,5 m/~8 pi) et de l’iléon (3,5 m/~11,5 pi) pour donner une longueur totale d’un peu plus de 6 m (~20 pi). Les fonctions de l’intestin grêle comprennent la sécrétion d’enzymes digestives et de tampons ainsi que l’absorption de nutriments. Il est important pour les patients souffrants de la MII de savoir que le fer est absorbé dans le duodénum et que la vitamine B12 ainsi que les sels biliaires sont absorbés dans le dernier segment de l’iléon (iléon terminal).

La muqueuse est la couche la plus interne de la paroi du tractus GI; elle est responsable de la sécrétion de sucs digestifs ainsi que de l’absorption des nutriments. La deuxième couche, la sous-muqueuse, se compose d’une dense couche de tissu conjonctif comportant vaisseaux sanguins, vaisseaux lymphatiques et nerfs. Une couche de muscle, la musculeuse externe, est située à l’extérieur de la sous-muqueuse. La contraction de ces muscles propulse les aliments le long du tube digestif. La couche la plus externe est la séreuse, une mince couche de cellules qui sécrètent un fluide qui réduit la friction causée par le mouvement des muscles.

Le premier segment du côlon, le cæcum, se relie à l’intestin grêle au niveau de la valve iléocæcale dans la partie inférieure droite de l’abdomen. Le reste du gros intestin se compose du côlon ascendant (se dirigeant vers le haut du côté droit de l’abdomen), du côlon transverse (traversant l’abdomen vers la gauche) et du côlon descendant (se dirigeant vers le bas du côté gauche du corps), suivi du côlon sigmoïde. La longueur totale du gros intestin (côlon) est de 1,25 m (~4 pi). Les fonctions principales du côlon sont d’absorber l’eau, de former les selles et d’éliminer les déchets. Le gros intestin ne sécrète pas d’enzymes digestives et n’est pas muni de villosités. Le côlon contient plusieurs variétés de bonnes bactéries et de levures qui aident à la digestion et qui préviennent la prolifération de bactéries et de levures néfastes. Le côlon se termine par le rectum (environ de 15 à 20 cm/~6 à 8 po de long), qui entrepose les déchets pour un bref instant jusqu’à ce qu’ils soient évacués par l’anus sous forme de selles, habituellement par choix conscient.

Bien qu’ils ne fassent pas directement partie du tube digestif, le foie, la vésicule biliaire et le pancréas servent d’organes accessoires essentiels au processus digestif.

 

Maladie inflammatoire de l’intestin

Puisque chaque personne est unique, les points traités ne s’appliqueront pas à toutes les personnes qui souffrent de la MII. Nous espérons cependant que ces informations vous aident à comprendre cette maladie complexe et chronique. Assurez-vous de discuter de vos circonstances avec les professionnels de la santé qui s’occupent de vos soins.

La maladie inflammatoire de l’intestin est un terme qui fait notamment référence à deux maladies de l’intestin : la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse. Ces maladies partagent quelques caractéristiques, mais diffèrent de manière considérable dans deux aspects : le segment du tube digestif touché et l’étendue de l’inflammation. Nous présenterons plus loin des détails sur d’autres maladies inflammatoires de l’intestin.

Endroits touchés : La colite ulcéreuse ne touche que le côlon, débute toujours à l’anus et progresse vers le haut. Dans certains cas, le gros intestin en entier peut être touché. Dans la proctite ulcéreuse, une forme moins grave de colite ulcéreuse, l’inflammation ne s’étend pas plus loin que 20 cm (~de 7 à 8 po) de l’anus. Dans la maladie de Crohn, l’inflammation peut se manifester par bandes à plusieurs endroits ou toucher une seule grande section. Elle peut se trouver dans n’importe quelle partie du tube digestif, touchant souvent la dernière partie de l’intestin grêle (iléon terminal).

Étendue de l’inflammation : Dans la colite ulcéreuse, l’inflammation ne touche que la muqueuse interne tandis que dans la maladie de Crohn, l’inflammation peut traverser toute l’épaisseur de la paroi intestinale : muqueuse, muscle et même quelquefois la mince couche la plus externe du tube digestif (séreuse).

Le processus inflammatoire entraîne la dilatation des vaisseaux sanguins et est accompagné d’une augmentation de la température, une exsudation de fluide dans les tissus, une infiltration de cellules inflammatoires et l’ulcération de la muqueuse.

L’inflammation peut résulter des effets d’agents infectieux tels que les bactéries, les champignons ou même les virus. Elle peut aussi résulter de l’exposition à des produits chimiques, d’une brûlure, d’un traumatisme ou d’autre chose encore. La cause de la MII est inconnue, mais les recherches indiquent fortement que des interactions entre les facteurs environnementaux, les bactéries intestinales, un dérèglement immunitaire et une prédisposition génétique en sont responsables. Le risque est accru pour ceux dont un membre de la famille souffre de la maladie.

Quoique la maladie de Crohn soit le nom actuellement utilisé pour la maladie, on entend quelquefois de vieux termes tels qu’entérite régionale, iléite terminale, colite granulomateuse ou iléocolite, utilisés de façon interchangeable.

La maladie inflammatoire de l’intestin peut être diagnostiquée à n’importe quel âge, avec une forte incidence observée chez les jeunes personnes et les personnes âgées de 40 à 50 ans. Environ 0,7 % de la population canadienne est atteinte de la MII. Le Canada a les plus hautes prévalence et incidence signalées jusqu’à maintenant dans tout le monde, avec approximativement 233 000 personnes atteintes, dont légèrement plus souffrent de la maladie de Crohn que de colite ulcéreuse.

 

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Symptômes

Le symptôme le plus courant de la MII est la diarrhée. L’inflammation peut influer sur le temps de transit, ce qui veut souvent dire que les aliments s’acheminent plus rapidement, permettant moins de temps pour l’absorption de l’eau, entraînant des selles liquides. La maladie de Crohn peut toucher l’intestin grêle et peut donc prévenir l’absorption normale des aliments, entraînant une diarrhée et une plus grande élimination de gras (stéatorrhée) et d’autres nutriments. En cas de colite ulcéreuse et de la maladie de Crohn du côlon, la fonction normale du côlon consistant à enlever les fluides présents est perturbée, entraînant des selles fréquentes et liquides. Puisque la muqueuse du côlon peut être ulcérée, la diarrhée contient souvent du sang. Aux stades plus avancés de la maladie, le côlon peut se rétrécir et raccourcir ce qui influe sur l’absorption de l’eau encore plus, entraînant un besoin urgent d’éliminer les selles et une fonction d’élimination mal contrôlée. La constipation peut aussi se développer alors que le corps lutte pour maintenir une fonction intestinale normale.

La douleur abdominale est un autre symptôme courant. Comme tous les autres muscles du corps, la couche musculaire de l’intestin peut subir des spasmes. Les intestins enflammés sont irritables et plus susceptibles à des spasmes, ceux-ci exerçant une pression sur les nombreuses terminaisons nerveuses de la paroi intestinale. C’est ce qui explique certains types de douleur associés à la MII, surtout les crampes. Dans la maladie de Crohn, la pression peut s’accumuler à l’arrière d’une partie étroite (striction) de l’intestin et produire de la douleur. Occasionnellement, le rétrécissement est si sévère qu’il y a occlusion intestinale nécessitant des médicaments immédiatement et moins souvent une intervention chirurgicale.

La fièvre accompagne fréquemment tout type d’inflammation et elle est présente avec la MII.

Les patients souffrant de la MII peuvent souffrir de ténesme, défini comme une sensation de défécation incomplète accompagnée d’une douleur soudaine, courte et profonde à l’ouverture du rectum.

La perte de poids est courante dans la maladie de Crohn à cause de la capacité réduite de l’intestin grêle à absorber une quantité suffisante de nutriments. Un retard de croissance et de maturité peut en résulter chez les enfants. Il vaut mieux, si possible, de consulter un pédiatre gastro-entérologue qui possède une formation spécifique pour gérer les besoins spéciaux de l’enfant en croissance.

Dans le cas de la maladie de Crohn, le rectum et l’anus peuvent devenir un point central de l’inflammation avec la formation de déchirures douloureuses et enflammées de la peau et des tissus superficiels, appelées fissures anales. De larges poches de pus ou des abcès peuvent se développer, produisant une grande douleur et de la fièvre. Une communication anormale, ressemblant à un tunnel et appelée fistule, peut se produire entre l’intestin et la peau. Quand cette communication est près de l’ouverture de l’anus, elle s’appelle fistule anale. Dans la maladie de Crohn, les fistules peuvent aussi se produire entre les anses intestinales dans l’abdomen ou entre l’intestin et la paroi abdominale. La chirurgie abdominale peut augmenter le risque de fistules.

Une anémie ou insuffisance de globules rouges apparaît fréquemment à cause des saignements dus aux ulcérations de la muqueuse intestinale. La perte de sang est parfois si importante qu’une transfusion sanguine devient nécessaire. L’anémie peut aussi être la conséquence d’une malnutrition générale à cause de la malabsorption des nutriments et des effets débilitants de la MII sur le corps de la personne touchée.

D’autres manifestations de la maladie inflammatoire de l’intestin sont l’arthrite, les problèmes cutanés, la maladie du foie, les calculs rénaux et l’inflammation oculaire.

Les patients atteints de la MII qui souffrent d’une colite ulcéreuse ou de la maladie de Crohn du côlon ont un risque légèrement plus élevé d’être atteints d’un cancer colorectal après avoir vécu avec la maladie pour une période de 10 à 15 ans. Le dépistage du cancer colorectal devrait donc se faire plus tôt et de façon plus vigilante dans ce groupe comparativement à la population générale.

 

Diagnostic

Un mauvais fonctionnement du tube digestif peut se produire pour toute une variété de raisons et certains des symptômes (diarrhée, douleur et perte de poids) peuvent ressembler de près aux symptômes d’autres maladies ou troubles. Un diagnostic précis de la MII est essentiel et un médecin prendra donc les mesures nécessaires pour exclure d’autres affections.

Une évaluation soigneuse de l’histoire de la maladie est la première étape pour établir un diagnostic précis. Le médecin passera en revue certains facteurs, notamment quand et comment les symptômes ont débuté, quels problèmes ont suivi, la nature de la diarrhée, le type de douleur abdominale, ainsi que les caractéristiques et la quantité des saignements rectaux.

Dans la colite ulcéreuse, l’outil diagnostique le plus utile est le sigmoïdoscope, un court instrument qui permet de visualiser l’intérieur du côlon inférieur. Au besoin, le médecin peut prélever des biopsies des endroits suspects pendant la procédure pour enquêter davantage. La vérification de la muqueuse du côlon avec cet instrument, à intervalle régulier pendant le processus de guérison, permet au médecin de surveiller l’état de la maladie. Au besoin, un instrument plus long et flexible, nommé le coloscope, peut aider le médecin à voir plus loin dans le côlon, quelquefois aussi loin que l’iléon terminal (où l’intestin grêle et le côlon se rencontrent), endroit probable pour le développement de la maladie de Crohn. Dans certains cas, un gastroscope introduit par la bouche est utile pour confirmer la maladie de Crohn dans la partie supérieure du tractus GI.

Bien que moins probable, un médecin pourrait recommander une radiographie barytée. Quand elle est requise pour la région GI supérieure, le patient avale un liquide qui tapisse les parois de l’œsophage et de l’estomac. Le liquide contient du baryum qui est d’un blanc éclatant sur les radiographies, fournissant une image à contraste de la forme et de la fonction du tractus GI supérieur. Quand elle est requise pour obtenir des détails du tractus GI inférieur, un lavement baryté est utilisé pour permettre au médecin de visualiser les contours du côlon. Cependant, la coloscopie procure un avantage diagnostique par rapport à la radiographie du lavement baryté puisque le médecin peut prélever des biopsies lors de la procédure.

D’autres outils de diagnostic comprennent les tests sanguins et l’examen d’un échantillon des selles pour la détection d’agents infectieux et de sang caché (occulte). L’échographie, la tomodensitométrie et l’IRM sont utiles pour la recherche de complications de la MII, mais ne sont pas nécessairement utiles pour le diagnostic primaire.

 

Gestion

Le traitement de la maladie inflammatoire de l’intestin est varié; il comprend la gestion des symptômes et des effets de la maladie tout en suivant un régime posologique qui vise à réduire l’inflammation sous-jacente.

 

Modifications à l’alimentation et au mode de vie

Un important défi est de gérer la nutrition lorsque la maladie a compromis l’appareil digestif. La maladie de Crohn peut faire obstacle à l’absorption des nutriments, ce qui met les patients atteints à risque élevé pour des déficiences; comme l’intestin grêle, où la plupart des nutriments sont absorbés, n’est pas touché en cas de colite ulcéreuse, les patients en souffrant sont généralement à faible risque. D’autres facteurs et symptômes contribuent cependant à la malnutrition chez les patients aux prises avec l’une ou l’autre des maladies.

Selon les symptômes de la maladie, une personne atteinte de la MII peut être souffrante et la sensation des aliments qui s’acheminent dans le tube digestif peut causer tellement d’inconfort que le patient évite ou choisit certains aliments, ce qui peut entraîner un déséquilibre alimentaire. Généralement, une meilleure nutrition fournit au corps les moyens de se guérir, mais simplement apporter des changements à l’alimentation n’est pas suffisant pour prendre en charge la maladie inflammatoire de l’intestin.

Si les saignements sont excessifs, l’anémie peut s’ensuivre et d’autres modifications à l’alimentation seront nécessaires pour compenser ces pertes.

Selon l’étendue de l’inflammation et son emplacement, les patients devront possiblement suivre un régime spécial qui inclut des suppléments. Il est important de suivre le Guide alimentaire canadien, mais il n’est pas facile de le faire pour les personnes souffrant de la MII. Nous encourageons chaque patient à consulter un diététiste professionnel qui peut aider à mettre en place un plan nutritionnel personnalisé et efficace qui tient compte des déficiences spécifiques liées à la maladie ainsi que du tube digestif sensible du patient. Certains aliments peuvent provoquer une irritation et aggraver les symptômes sans toutefois empirer la maladie.

Particulièrement dans la maladie de Crohn, lors d’une poussée active des symptômes, et quelquefois dans la colite ulcéreuse, il peut être nécessaire de permettre à l’intestin de se reposer et de guérir. Avec des régimes spécialisés, des substituts de repas facile à digérer (mélange élémentaire) et un jeûne avec alimentation par voie intraveineuse (nutrition parentérale totale), il est possible d’obtenir un repos intestinal progressif.

 

Pharmacothérapie symptomatique

Les symptômes de la MII représentent la composante la plus pénible de la maladie et c’est le traitement direct de ces symptômes, particulièrement la douleur et la diarrhée, qui améliore la qualité de vie du patient. Il existe plusieurs traitements pour la diarrhée et la douleur. Une modification du régime peut être bénéfique et les médicaments antidiarrhéiques jouent un rôle important. Les analgésiques peuvent être utiles pour gérer les symptômes douloureux non contrôlés par d’autres médicaments (voir ci-dessous) qui agissent sur l’inflammation sous-jacente. L’acétaminophène (Tylenol®) est préférable aux médicaments appelés anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) tels que l’ibuprofène (Advil®, Motrin®), l’aspirine, et le naproxène (Aleve®, Naprosyn®) puisque ceux-ci peuvent irriter les intestins.

Il existe deux types de médicaments antidiarrhéiques qui visent à prévenir les crampes et à contrôler la défécation. Le premier groupe modifie l’activité musculaire de l’intestin, en ralentissant le transit du contenu. Il comprend : le lopéramide non narcotique (Imodium®); les agents narcotiques comme le diphénoxylate (Lomotil®), la codéine, la teinture d’opium et l’élixir parégorique (camphre/opium); et les agents antispasmodiques comme le sulfate de hyoscyamine (Levsin®), le dicyclomine (Bentylol®), la propanthéline (Pro-Banthine®) et le butylbromure de hyoscine (Buscopan®).

L’autre groupe de médicaments change la mollesse des selles et leur fréquence en absorbant (se liant à) l’eau pour régulariser leur consistance afin qu’elles soient d’une forme et d’une consistance facile à passer. Ces médicaments fonctionnent de différentes façons; certains sont à base de fibres végétales tels que Benefibre®, Metamucil® et Prodiem®, et la résine de cholestyramine (Questran®) qui lie les sels biliaires. Il est intéressant de noter que les fibres végétales sont aussi utiles pour la constipation à cause de leur effet régulateur sur les selles.

S’il existe des signes extra-intestinaux de la MII, tels que l’arthrite ou l’inflammation oculaire, le médecin abordera ces affections individuellement puisqu’il pourrait être nécessaire de diriger le patient vers d’autres spécialistes. Si l’anxiété et le stress sont d’importants facteurs, un programme de gestion du stress pourrait être précieux (demandez notre brochure La gestion du stress).

Les personnes souffrant de la MII peuvent être anémiques en raison d’une combinaison de facteurs tels que la perte sanguine chronique ou la malabsorption de certains minéraux et vitamines. L’ajout de suppléments diététiques peut améliorer cet état. Puisque le fer hémique (p. ex., OptiFer® Alpha, Proferrin®) est doté d’une action rapide et que ses effets secondaires sont minimes, il est préféré aux suppléments de fer non-hémique. Une transfusion sanguine est quelquefois requise.

Dans la maladie de Crohn, les antibiotiques les plus souvent prescrits sont la ciprofloxacine (Cipro®) et le métronidazole (Flagyl® et Florazole ER®). Les antibiotiques à large spectre sont importants dans le traitement des manifestations secondaires de la maladie telles que les fistules et abcès péri-anaux.

 

Pharmacothérapie anti-inflammatoire

L’on vise deux objectifs dans le traitement de la maladie de Crohn et de la colite ulcéreuse :

  1. l’induction d’une rémission, caractérisée par une absence de symptômes et d’inflammation dans la région du tractus gastro-intestinal touché par la maladie suivie du
  2. maintien de la rémission (prévention des poussées actives).

Afin d’atteindre ces objectifs, les médecins offrent un traitement qui vise à contrôler l’inflammation persistante dans le tractus intestinal pour obtenir une atténuation des symptômes. Les traitements prennent plusieurs formes et visent différents systèmes de l’organisme pour apporter un soulagement. Un médecin peut prescrire n’importe lesquels des médicaments décrits ci-dessous, seuls ou en combinaison. Il faut parfois un peu de temps pour trouver la bonne combinaison pour un patient puisque chaque cas de la MII est unique. Selon l’emplacement de l’affection, une combinaison de méthodes d’administration des médicaments (orale et rectale) peut aider à assurer que les médicaments atteignent tous les endroits touchés.

 

Acide 5-aminosalicylique (5-ASA)

Le médicament qui depuis longtemps obtient le plus de succès partout dans le monde pour diminuer l’inflammation à court terme dans la MII légère à modérée est le 5-ASA qui comprend la mésalamine (Asacol®, Asacol 800®,  Mesasal®, Mezavant®, Pentasa®, Salofalk®) et l’olsalazine sodique (Dipentum®), tous offerts en prise orale sous forme de comprimés et de capsules. Le médicament 5-ASA est sans danger et est généralement bien toléré pour une utilisation à long terme. Selon l’emplacement de l’affection, vous devrez peut-être prendre la mésalamine (Pentasa®, Salofalk®) de façon rectale, par lavement ou sous forme de suppositoires. Au début, les patients utilisent habituellement les médicaments rectaux chaque soir et réduisent les traitements lorsque la maladie s’améliore.

Le 5-ASA aide à calmer l’inflammation aiguë et lorsqu’il est pris à long terme (entretien), l’inflammation demeure habituellement inactive. Il est important de continuer le régime de médicaments même si vos symptômes disparaissent et que vous vous sentez bien. Selon la réponse au traitement, la thérapie d’entretien peut s’effectuer à la pleine dose initiale ou à une dose réduite et par intervalles.

Le 5-ASA en combinaison avec un antibiotique sulfamidé est offert en prise orale sous le nom de sulfasalazine (Salazopyrin®).

 

Corticostéroïdes

Les corticostéroïdes peuvent aider à diminuer l’inflammation à court terme dans la MII. Les médicaments à prise orale comprennent la prednisone pour une MII légère à grave et le budénoside (Cortiment® pour la colite ulcéreuse; Entocort® pour la maladie de Crohn) pour une maladie légère à modérée, avec la prednisone ayant tendance à manifester le plus d’effets secondaires. Le budénoside à prise orale (Entocort®, Cortiment®) est une formulation topique conçue à être libérée directement dans le côlon, tandis que l’hydrocortisone (Betnesol®, Cortenema®, Cortifoam®, Proctofoam®) est offerte en formulation rectale (lavements, mousses et suppositoires).

Les médecins peuvent prescrire l’hydrocortisone (Solu-Cortef®) et la méthylprednisolone (Solu-Medrol®) pour l’administration intraveineuse en milieu hospitalier. Les corticostéroïdes ne devraient pas être utilisés à long terme ou pour un traitement d’entretien.

 

Agents immunosuppresseurs

Les médecins prescrivent ces médicaments pour prévenir les poussées actives de colite ulcéreuse et de la maladie de Crohn et pour essayer de réduire la dépendance aux stéroïdes. Ils comprennent l’azathioprine (Imuran®), la cyclosporine, la mercaptopurine/6-MP (Purinethol®) et le méthotrexate sodique. Il faut parfois jusqu’à 12 semaines de thérapie pour voir des résultats.

 

Produits biologiques

Les médicaments biologiques constituent une option importante dans le traitement de la MII modérée à grave. Ces produits sont des anticorps mis au point pour des indications précises : ils bloquent de façon sélective les molécules jouant un rôle dans le processus inflammatoire. Les gastro-entérologues prescrivent couramment des médicaments biologiques, notamment l’infliximab (Remicade®), l’adalimumab (Humira®), le golimumab (Simponi®), le vedolizumab (Entyvio®), l’ustekinumab (Stelara®), et plus récemment, un biosimilaire de l’infliximab (Inflectra®), afin de contrôler les symptômes (induire une rémission clinique) des maladies inflammatoires de l’intestin.

Maladie de Crohn : Santé Canada a approuvé Remicade® en 2001 pour l’induction d’une rémission clinique dans la maladie de Crohn, pour une utilisation continue dans le maintien d’une rémission clinique, pour réduire ou éliminer l’utilisation de corticostéroïdes, pour guérir et fermer les fistules, et pour guérir la muqueuse de la paroi intestinale (la cicatrisation muqueuse). Un biosimilaire de l’infliximab (Inflectra®) a été approuvé en 2016. Humira®, un anticorps monoclonal entièrement humain a été approuvé en 2006 pour l’induction d’une rémission clinique dans la maladie de Crohn et pour une utilisation continue dans le maintien d’une rémission clinique. Les produits biologiques ultérieurs approuvés pour le traitement de la maladie de Crohn sont le vedolizumab (Entyvio®) et l’ustekinumab (Stelara®).

Colite ulcéreuse : Santé Canada a approuvé Remicade® en 2006 pour l’induction et le maintien de la rémission clinique et de la cicatrisation muqueuse ainsi que pour la réduction ou l’élimination de l’utilisation de stéroïdes. Santé Canada a approuvé un biosimilaire de l’infliximab (Inflectra®) en 2016. Simponi® a été approuvé en 2013 pour l’induction et le maintien de la rémission clinique et de la cicatrisation muqueuse. Humira® a été approuvé en 2013 pour l’induction et le maintien de la rémission clinique. Entyvio®, un anticorps monoclonal humanisé dirigé contre l’intégrine a4b7 a été approuvé en 2015 pour le traitement du patient adulte souffrant d’une colite ulcéreuse modérée à grave et présentant une réponse inadéquate, une perte de réponse ou une intolérance à une thérapie traditionnelle ou à infliximab.

Un patient peut s’injecter Humira® ou Simponi® lui-même sous la peau (par voie sous-cutanée) – Humira® toutes les deux semaines et Simponi® toutes les quatre semaines. Un professionnel de la santé administre Entyvio®, Inflectra®, Remicade® ou Stelara®  par perfusion intraveineuse (IV). Les intervalles de traitement pourraient changer selon le médicament et la réponse.

 

Un nouvel outil, la surveillance thérapeutique des médicaments, aide les médecins à s’assurer que les patients prennent le bon médicament à la bonne dose (utilisé principalement pour Remicade® à ce moment). Des analyses de laboratoire sont utilisées pour déterminer le taux du médicament dans le système et un gastro-entérologue évalue les résultats dans le contexte des symptômes du patient à des périodes précises pendant le traitement. Vous pouvez visionner notre vidéo qui explique comment le tout fonctionne, à www.mauxdeventre.org.

 

Chirurgie

La chirurgie peut être nécessaire chez les patients dont la maladie est continue et active, et résiste à toutes formes de gestion médicale. Puisque les maladies inflammatoires de l’intestin sont de nature systémique, il n’y a pas que l’intestin qui est touché. Par conséquent, retirer le tissu malade, ce qui est parfois nécessaire, n’élimine pas la maladie.

Comme la colite ulcéreuse ne touche que le gros intestin, retirer cet organe élimine la maladie du tube digestif sans toutefois offrir une guérison. Retirer le côlon peut provoquer d’autres symptômes et d’autres complications. Quoiqu’il existe plusieurs variations de procédures chirurgicales, normalement, après avoir retiré le côlon en entier ou en partie (colectomie), le chirurgien passe le bout de l’intestin qui reste à travers un nouvel orifice créé chirurgicalement dans la paroi abdominale (stomie). Le patient peut y attacher un appareil détachable pour recueillir les selles. Une stomie peut être temporaire ou permanente selon la situation particulière.

Il existe de plus récentes techniques grâce auxquelles les chirurgiens peuvent conserver le muscle anal et créer un sac interne ou réservoir en se servant de l’intestin toujours présent de façon à ce que la vidange du contenu du sac par l’anus ressemble de plus près à la voie anatomique habituelle. Cependant, avec la perte de fonction du côlon, les selles contiennent beaucoup d’eau et sont très fréquentes. Les patients peuvent donc ressentir des symptômes gênants même à la suite d’une chirurgie. Une complication possible est la pochite, soit l’inflammation du sac chirurgicalement créé.

La maladie de Crohn a tendance à récidiver chez près de 75 % des patients, même après l’excision chirurgicale de toute maladie visible et microscopique du tube digestif. L’inflammation peut revenir des mois ou des années après et peut être présente ailleurs dans le corps. Les médecins réservent la chirurgie comme dernière solution, habituellement dans les cas où la gestion médicale a échoué ou pour les complications telles que les obstructions, les fistules et la formation d’abcès.

Une thérapie chirurgicale naissante est la transplantation intestinale, mais il y a des obstacles à surmonter, tels que le rejet du tissu et l’inflammation de l’organe nouvellement transplanté.

 

Qu’est-ce qu’une poussée active?

Votre médecin tentera de trouver les bons médicaments pour contrôler vos symptômes de la maladie inflammatoire de l’intestin. Cependant, puisqu’il n’existe pas de remède, la maladie généralisée est toujours présente. Lorsque vous n’éprouvez aucun symptôme, vous connaissez une rémission. Si les symptômes réapparaissent, surtout s’ils sont plus graves qu’auparavant, il s’agit d’une poussée active. Voilà pourquoi il est important de continuer à prendre les médicaments que vous a prescrits votre médecin, même si vous vous sentez mieux. Si vous cessez de prendre vos médicaments, la possibilité de connaître une poussée active et une progression de la maladie s’accroît. Les infections, le stress et la prise d’antibiotiques ou d’AINS (y compris l’aspirine et l’ibuprofène) peuvent vous rendre plus susceptible à une poussée active.

 

Quand se faire soigner

Une inflammation accrue entraîne une poussée active et la nature de cette inflammation signifie que vous devez la traiter aussi rapidement que possible. L’inflammation s’accroît de façon exponentielle, puisque sa présence provoque une augmentation du taux d’inflammation. Le plus longtemps elle reste non traitée, le plus elle empirera. En outre, l’inflammation non traitée occasionne non seulement les symptômes associés à la MII, mais elle peut aussi accroître votre risque de connaître des complications telles que le cancer colorectal à un point dans le futur. Soyez attentifs à vos symptômes et consultez votre médecin si vous remarquez une aggravation ou un changement, aussi léger soit-il.

 

Options de traitement pour les poussées actives

Il est important de discuter à l’avance avec votre médecin de la marche à suivre si vous connaissez une poussée, surtout si vous attendez de voir un gastro-entérologue et que la période d’attente risque d’être longue. Il est possible de prendre un médicament de façon régulière, mais quand même de vivre une poussée active. Généralement, votre médecin pourra vous prescrire une préparation rectale que vous pouvez acheter et utiliser immédiatement afin de ne pas laisser votre maladie non traitée pendant que vous attendez de voir le médecin spécialiste. Toutefois, votre médecin pourrait quand même vous demander de lui signaler vos symptômes. Il est important d’avoir une telle conversation avec votre équipe de soins de santé, afin d’être prêt à pratiquer une autogestion au besoin, tout en tenant votre équipe au courant de votre condition.

Lorsque vous connaissez des symptômes associés à votre maladie, la première étape consiste habituellement à passer à un traitement plus agressif. Demandez à votre médecin de vous expliquer vos options entre les visites. Il pourrait vous demander :

  • d’augmenter la dose de votre médicament à voie orale (comprimés),
  • d’utiliser une formulation rectale (suppositoire ou lavage), ou
  • d’utiliser une combinaison des deux options ci-dessus.

Votre situation personnelle et votre historique influenceront les recommandations de votre médecin. Idéalement, vous devriez avoir un plan en place qui énonce comment vous pouvez procéder si vous connaissez une poussée. Cependant, si vous éprouvez des symptômes graves, vous devez immédiatement obtenir des soins médicaux, même si cela signifie une visite à la salle d’urgence de l’hôpital.

 

Traitements oraux ou traitements rectaux

La plupart des médecins prescrivent aux patients atteints de la MII une version à prise orale d’un 5-ASA ou d’un corticostéroïde, puisque c’est la méthode d’administration préférée des patients. Cependant, en dépit de leur mécanisme de libération spécialement conçu, ces médicaments pourraient ne pas atteindre et traiter la zone où la maladie est la plus active.

Par exemple, lorsque vous appliquez un écran solaire sur votre peau, vous devez vous assurer de couvrir toute partie exposée afin de la protéger contre les rayons du soleil. De même, lorsque vous utilisez des médicaments pour traiter l’affection présente dans votre rectum et votre côlon inférieur, vous devez vous assurer que le produit atteint toutes les zones enflammées.

Les comprimés à prise orale pourraient ne pas constituer la façon optimale d’atteindre l’extrémité du côlon, où la présence de selles et le fait que les patients aux prises avec la colite ulcéreuse souffrent de diarrhée pourraient réduire leur efficacité. Malheureusement, cela représente souvent la zone du côlon où une poussée active commence à se manifester. La meilleure façon d’atteindre cette zone particulière est d’insérer un médicament directement dans le rectum.

Un suppositoire s’achemine vers le haut jusqu’à environ 15 cm à partir de l’anus. Un lavage (sous forme liquide) peut se rendre plus loin, à environ 60 cm. Le patient insère habituellement ces formulations avant d’aller au lit afin que le médicament soit retenu le plus longtemps possible. Les selles ne font habituellement pas obstacle au médicament puisque le patient administre celui-ci juste avant d’aller au lit, moment de la journée où cet endroit des intestins est typiquement relativement vide.

Les préparations rectales sont particulièrement efficaces à traiter la défécation impérieuse et les saignements, symptômes qui sont souvent très gênants pour les patients. Une réponse positive se produit souvent quelques jours suivant le traitement.

 

Administration des thérapies rectales

Afin d’obtenir une couverture optimale des médicaments administrés par voie rectale, il vaut mieux s’étendre sur son côté gauche. Comme vous pourrez le constater au moyen des diagrammes inclus, l’anatomie humaine n’est pas symétrique et la façon dont les organes reposent fait en sorte que l’administration des médicaments est idéale lorsque vous êtes étendu sur votre côté gauche.

 

Le traitement précoce d’une poussée active est-il important, ou peut-il attendre un peu?

L’inflammation ne disparaît généralement pas sans traitement et une intervention précoce donne de meilleurs résultats qu’un traitement retardé. Au stade précoce d’une poussée, un traitement de base à un 5-ASA est optimal et est souvent suffisant pour contrôler l’inflammation. Si vous attendez, il y a un risque accru d’avoir besoin de médicaments dont les effets secondaires sont plus importants, tels que des stéroïdes à prise orale. De plus, vous devrez composer plus longtemps avec vos symptômes avant d’obtenir un soulagement. Vivre des périodes d’inflammation incessantes ou prolongées pourrait accroître votre risque de complications futures puisque l’inflammation pourrait endommager la paroi intestinale, et ce, d’une gravité croissante chaque fois qu’une poussée se produit.

Si vous connaissez une aggravation de vos symptômes, la poussée active était probablement déjà présente pendant une bonne période de temps avant l’apparition des symptômes. Les preuves montrent qu’une analyse des selles pour déceler la présence d’inflammation dans le côlon, portant le nom d’analyse de la calprotectine fécale, détecte souvent des taux élevés de cette protéine de deux à trois mois avant l’apparition de tout symptôme. Votre côlon pourrait aussi commencer à présenter des signes visibles (par coloscopie) d’inflammation avant l’apparition de symptômes ou, du moins, à signaler un risque accru d’une poussée.

Une visualisation du côlon peut donner un aperçu plus fiable de l’état réel de votre maladie. C’est pourquoi votre spécialiste pourrait suggérer une coloscopie afin de pouvoir examiner de près l’intérieur de votre côlon dans le but de déterminer le meilleur plan de traitement. Toutefois, dans la plupart des cas, la décision du médecin à prescrire un médicament peut s’appuyer sur la gravité et la nature de vos symptômes. Cela est notamment le cas lorsque les symptômes sont encore légers.

 

Autres types de MII

Quoique la plupart des cas de MII consistent en la maladie de Crohn ou la colite ulcéreuse, il en existe d’autres types. Les affections décrites ci-dessous sont des types rares de MII, certaines d’entre elles pouvant être complètement guéries.

 

Colite ischémique

Le terme « ischémie » fait référence à une circulation sanguine inadéquate vers une certaine partie du corps. Cet apport sanguin insuffisant signifie qu’il n’y a pas assez d’oxygène, de glucose et d’autres matières qui se rendent aux cellules afin de les garder vivantes et en état de bon fonctionnement. La colite ischémique se produit quand la réduction du flux sanguin dans le tube digestif cause de l’inflammation et des lésions, d’où l’apparition des symptômes de la MII. La colite ischémique se manifeste généralement du côté gauche de l’abdomen, où elle est extrêmement douloureuse.

La réduction du flux sanguin peut découler d’un problème lié à la circulation sanguine comme une hypotension artérielle, ou de problèmes localisés réduisant le flux sanguin autour du tube digestif, par exemple des caillots ou des vaisseaux sanguins bouchés ou rétrécis. Cependant, on ne trouve souvent aucune cause identifiable.

Cette affection est souvent traitée par nutrition intraveineuse, ce qui permet de donner une pause aux intestins et de guérir habituellement en une ou deux semaines. Dans certains cas toutefois, une chirurgie s’impose.

 

Colite de diversion

Il existe plusieurs raisons pouvant mener à une iléostomie ou à une colostomie, dont l’occlusion intestinale, les lésions intestinales, l’infection intestinale et le cancer colorectal. Certaines personnes atteintes de colite ulcéreuse ou de la maladie de Crohn nécessitent une stomie suivant l’ablation de tissus endommagés. Ce type de chirurgie pose de nombreux risques, l’un d’eux étant la colite de diversion. La colite de diversion disparaît souvent une fois le patient complètement guéri de la chirurgie; certains patients nécessitent toutefois un traitement anti-inflammatoire additionnel.

 

Entérite radique

Cette maladie est une complication de la radiothérapie, en ce sens que la radiation de la région abdominale cause l’irritation et l’inflammation de l’intestin. Les médecins prennent des précautions pour éviter l’exposition de l’intestin aux radiations, mais parfois des dommages se produisent. Bon nombre de patients soumis à la radiothérapie développent une entérite radique aiguë, laquelle est temporaire, alors que d’autres développent une entérite radique chronique qui peut durer des mois, voire des années après la radiothérapie. Les symptômes comprennent la diarrhée, les douleurs et les crampes abdominales, le saignement rectal et les nausées. Pour traiter cette affection, il faut changer l’alimentation de façon à accroître l’apport en nutriments et à permettre à l’intestin de guérir, et prendre des médicaments pour traiter la diarrhée, la douleur et l’inflammation. Si les symptômes sont graves, le patient devra peut-être cesser la radiothérapie et possiblement subir une chirurgie.

 

Colite microscopique (colite lymphocytaire et colite collagène)

Il existe deux types de colites microscopiques, appelées ainsi parce que l’inflammation est trop petite pour être détectée lors d’une coloscopie et que son diagnostic nécessite l’analyse microscopique d’un fragment de tissu (biopsie). Il arrive fréquemment que les médecins attribuent les symptômes de la colite microscopique à d’autres maladies, telles que le syndrome de l’intestin irritable, la gastroentérite et la maladie cœliaque. Les colites microscopiques comprennent la colite collagène et la colite lymphocytaire. Les symptômes les plus courants sont les douleurs abdominales et la diarrhée aqueuse exempte de sang. Les chercheurs croient que dans certains cas, cette maladie pourrait être causée par la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) puisque les symptômes peuvent disparaître une fois que l’on cesse de prendre le médicament.

Nous en savons encore peu sur le développement, la progression et le traitement de ces affections. La différence clé entre la colite collagène et la colite lymphocytaire est que la colite collagène suppose un épaississement de la bande collagène sous-épithéliale. La colite lymphocytaire se présente autant chez les hommes que chez les femmes, alors que la colite collagène est plus fréquente chez les femmes : environ 90 pour cent des cas touchent des femmes typiquement âgées de 50 à 70 ans.

Le traitement consiste à cesser de prendre des AINS si le médecin croit qu’ils en seraient la cause, et dans certains cas il convient de prendre des médicaments tels que l’acide 5-aminosalicylique (5-ASA).

 

L’avenir

L’avenir repose sur l’éducation et la recherche. L’éducation du public et du corps médical est requise pour souligner l’importance des recherches sur la maladie inflammatoire de l’intestin. Plusieurs des domaines suivants requièrent des recherches additionnelles :

  • la chimie de l’intestin normal et de l’intestin lésé;
  • l’étude approfondie des changements survenant aux tissus en présence d’inflammation;
  • les facteurs génétiques;
  • le rôle de la nutrition;
  • les bactéries intestinales;
  • l’incidence relative des maladies telle que déterminée par des enquêtes démographiques précises;
  • les implications émotionnelles et psychiatriques;
  • le rôle des agents infectieux;
  • l’étude de la nature de la réponse inflammatoire;
  • les essais cliniques sur de nouvelles formes de thérapie.

C’est dans la collaboration entre les médecins et les chercheurs s’intéressant à l’étude de ces maladies, ainsi qu’avec les patients, leur famille et leurs amis, que repose notre meilleur espoir de trouver la cause ou les causes et le remède contre la maladie inflammatoire de l’intestin. Nous vous demandons d’appuyer les initiatives éducatives et de recherche de la Société GI.

 

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