Syndrome de l’intestin irritable (SII)

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Si vous présentez les symptômes suivants de façon continue, il est possible que vous souffrez du SII :

Abdominale, douleur
Ballonnement
Constipation
Diarrhée

Le SII est un trouble gastro-intestinal fonctionnel qui est chronique et souvent débilitant. Ses symptômes comprennent la douleur abdominale, le ballonnement et des changements dans les comportements intestinaux qui mènent à la constipation ou à la diarrhée ou encore à des selles qui alternent entre les deux consistances extrêmes. Le SII est un trouble fonctionnel, c'est-à-dire que le fonctionnement ou le mouvement des selles n’est pas tout à fait normal. Il n’existe pas d’examens médicaux qui puissent confirmer ou exclure un diagnostic de ce trouble, mais c’est la maladie gastro-intestinale la plus courante au monde et le trouble le plus commun présenté par les patients qui consultent un spécialiste gastro-intestinal (gastroentérologue).

Le SII touche environ 13 à 20 % des Canadiens selon les critères que les chercheurs utilisent pour évaluer les symptômes. Le risque pour un Canadien de développer le SII au cours de sa vie est de 30 %.

Le SII peut commencer au cours de l’enfance, à l’adolescence ou à l’âge adulte et peut disparaître de façon inattendue pour certaines périodes au cours de la vie d’une personne et réapparaître à n’importe quel âge. Au Canada et dans la plupart des pays occidentaux, le SII semble se manifester beaucoup plus fréquemment chez les femmes que chez les hommes, mais la raison de ce fait demeure incertaine.

Bien que chaque personne puisse vivre une expérience unique des symptômes connus du SII, cette maladie appauvrit généralement la qualité de vie. Chose intéressante, seulement 40 % à peu près de ceux qui ont des symptômes du SII consultent un médecin à ce sujet.

Au fil des ans, on a donné à cet ensemble de symptômes une variété de noms y compris colite muqueuse, névrose colique, colite spasmodique et côlon irritable, mais ces noms sont tous trompeurs surtout parce que le SII ne se limite pas au gros intestin (côlon). Le SII est parfois confondu avec la colite ou avec d’autres maladies inflammatoires du tube digestif, mais la différence est claire – dans le cas du SII, l’inflammation ou l’infection n’est pas évidente.

Symptômes

Rares sont les personnes qui n’ont pas souffert de crampes abdominales, de ballonnements, de constipation ou de diarrhée à un moment donné de leur vie. Cependant, celles qui souffrent du SII éprouvent ces multiples symptômes plus fréquemment et plus intensément, au point où ceux-ci perturbent la qualité de leur vie quotidienne.

Une personne atteinte du SII est susceptible d’avoir un système digestif sensible avec une réactivité très aiguë, de sorte que l’intestin répond assez différemment aux stimulus intestinaux normaux comme le passage de solides, de gaz et de liquides à travers les intestins. Ces mouvements hors du commun peuvent entraîner de la difficulté à passer des selles ou un besoin soudain et urgent de passer des selles. Jusqu’à 20 % de celles atteintes du SII rapporte un passage inopportun de selles. Certaines personnes qui souffrent du SII peuvent également avoir à forcer pour passer les selles tout en ressentant une évacuation incomplète (ténesme) et un immense soulagement de la douleur ou de l’inconfort lorsque le gaz ou les selles arrivent enfin à passer. Une substance filamenteuse (mucus) peut recouvrir les selles.

Certaines personnes peuvent éprouver différentes combinaisons de symptômes, un des symptômes étant prédominant, tandis que d’autres ressentent des symptômes digestifs plus aléatoires et imprévisibles.

Ces expériences digestives changeantes et leur nature imprévisible peuvent mener à un niveau d’anxiété élevé pour le patient atteint du SII. La consistance des selles peut varier énormément, allant de selles complètement liquides à si dures et séparées qu’elles ressemblent à de petits cailloux. Des facteurs externes tels que le stress peuvent changer la consistance des selles. Le SII est souvent divisé en plusieurs sous-groupes qui sont liés à la consistance des selles.

  • SII-D : les contractions de l’appareil digestif sont rapides, propulsant son contenu rapidement à travers le tube digestif et provoquant des selles fréquentes et liquides (diarrhée).
  • SII-C : les contractions de l’appareil digestif sont lentes, retardant la durée de transit de son contenu et entraînant des selles dures et difficiles à passer (constipation)
  • SII-A : la durée de transit des aliments dans l’appareil digestif varie et les selles peuvent alterner entre la diarrhée et la constipation. Ces consistances extrêmes de selles peuvent même avoir lieu pendant le même passage de selles. Une douleur intestinale peut être occasionnée lorsque le contenu passe lentement à travers une section de l’intestin alors que le contenu passe rapidement dans une autre section. Ces actions se produisant simultanément, elles peuvent entraîner des selles dont la consistance alterne entre la constipation et la diarrhée, parfois pendant un même passage de selles. De plus, les contractions prolongées de l’intestin peuvent empêcher le passage normal de l’air, provoquant des ballonnements, des éructations et des flatulences. Les ballonnements peuvent devenir si graves que les vêtements deviennent trop serrés et le gonflement du ventre est visible aux autres.

La douleur se manifeste de façons différentes chez ceux qui souffrent du SII. La douleur peut être continue ou épisodique, apparaître brusquement puis disparaître rapidement, se produire occasionnellement ou fréquemment et passer d’une partie de l’intestin à une autre très rapidement. La douleur digestive se produit souvent après un repas et peut durer des heures. Ceux qui souffrent du SII ont tendance à avoir une réaction plus rapide et plus intense aux douleurs dans le tube digestif que ceux qui n’en souffrent pas.

Autres problèmes de santé

D’autres symptômes survenant à l’extérieur du tube digestif qui pourraient être liés au SII peuvent comprendre les troubles du sommeil, la fibromyalgie, les maux de dos, la douleur pelvienne chronique, la cystite interstitielle, la dysfonction de l'articulation temporomandibulaire, l’état de stress post-traumatique et les migraines. Les femmes qui souffrent du SII ont aussi signalé de l’inconfort pendant les rapports sexuels (dyspareunie).

Les patients qui souffrent du SII-D ou du SII-A ne se sentent souvent pas en mesure de s’engager dans des activités professionnelles et sociales loin de chez eux sauf s’ils sont certains d’avoir un accès facile et rapide aux toilettes. Les patients qui souffrent du SII-C ont souvent tant de douleur qu’ils trouvent le moindre mouvement corporel gênant. La douleur et le passage fréquent des selles ou encore la préoccupation de ne pas pouvoir évacuer les selles pourraient rendre la participation aux activités scolaires, professionnelles et sociales, difficiles.

Les personnes qui souffrent du SII peuvent avoir certains symptômes psychologiques. Il s’agit notamment d’une diversité d’émotions fortes liées à cette maladie qui varient en intensité et qui comprennent l’anxiété, la dépression, la perte d’estime de soi, la honte, la peur, le reproche, la culpabilité et la colère. Heureusement, la gestion psychologique du SII peut souvent contribuer à réduire ces symptômes.

Diagnostic

Comme les symptômes du SII sont variés et qu’il n'existe pas de tests organiques pour déterminer précisément si un patient est atteint du SII, une partie du processus de diagnostic consiste à éliminer la présence d’autres maladies connues. Typiquement, un médecin prend les mesures suivantes pour établir un diagnostic du SII :

Antécédents médicaux : Un médecin examine les antécédents médicaux du patient, prenant en considération les habitudes de passage des selles, la nature et l'apparition des symptômes, la présence ou l'absence d'autres symptômes et les signes qui pourraient indiquer un autre diagnostic. Il est important de noter les symptômes qui ne sont pas liés au SII. Ils comprennent la perte de poids, la présence de sang dans les selles et la fièvre. Si le besoin d’aller à la selle vous réveille de votre sommeil, vous devez le signaler à votre médecin, car ce n'est pas un symptôme typique du SII et pourrait avoir d’autres implications. La douleur intestinale et la douleur utérine ou ovarienne peuvent être difficiles à distinguer l’une de l’autre, donc les affections gynécologiques pourraient retarder ou confondre le diagnostic du SII chez les femmes.

Examen physique : Lors d'un examen physique, l’intestin peut démontrer des contractions musculaires involontaires saccadées (contractions spastiques) et paraître sensible, bien que la santé physique du patient paraisse généralement normale dans l’ensemble.

Tests d’investigation : Il n’existe aucun test pour établir la présence du SII, mais un médecin peut demander des tests pour exclure la possibilité de présence d’autres maladies. En effectuant un examen scopique, le médecin visionne l’intérieur du tube digestif avec un instrument introduit par la bouche (endoscopie) ou par l’anus (colonoscopie/sigmoïdoscopie). L’instrument scopique consiste en un tube creux et flexible muni d’une lumière et d’une caméra vidéo minuscules.

Le médecin peut aussi demander une analyse de sang ou un test de selles de routine pour exclure la possibilité de présence de maladies organiques connues. Certains symptômes de la maladie cœliaque chevauchent ceux du SII, et donc des antécédents médicaux familiaux qui démontrent l’existence de cette maladie pourraient être une bonne raison d’investiguer.

Un médecin fait un diagnostic du syndrome de l’intestin irritable après avoir pris les mesures mentionnées ci-dessus et après avoir pris en considération la nature des symptômes du patient par rapport à l’information donnée dans le Test du SII en trente secondes qui se trouve à l’intérieur de la couverture de cette brochure.

Causes possibles

Les causes du SII sont encore inconnues. Cette maladie se présente principalement comme un trouble fonctionnel accompagné de contractions anormales des muscles intestinaux. Quoique le SII soit chronique et douloureux, il n’existe aucune preuve d’un lien entre ce trouble et un risque accru de maladies intestinales plus graves comme la maladie inflammatoire de l’intestin ou le cancer colorectal.

Bien qu’elles ne soient pas prouvées, il existe des théories quant aux facteurs qui influencent les symptômes du SII, notamment :

  • l’hypersensibilité neurologique dans les nerfs gastro-intestinaux (entériques)
  • le stress physique ou émotionnel
  • les problèmes alimentaires tels que les allergies ou les intolérances alimentaires ou encore les mauvaises habitudes alimentaires.
  • l’emploi d’antibiotiques
  • une infection gastro-intestinale
  • la malabsorption des acides biliaires
  • la quantité ou les habitudes d’exercice physique
  • l'abus chronique d'alcool
  • les anomalies des sécrétions gastro-intestinales ou des contractions des muscles digestifs (péristaltisme)
  • les infections aiguës ou l’inflammation de l’intestin (entérite), comme la diarrhée du voyageur, laquelle pourrait précéder l’apparition des symptômes du SII.

L’appareil gastro-intestinal (GI) est très sensible à l’hormone sécrétée lorsqu’on est agité, qu’on a peur ou qu’on est anxieux (l’adrénaline), ainsi qu’à d’autres hormones. Le changement du taux d’hormones chez les femmes affecte aussi le tractus gastro-intestinal, donc les symptômes du SII peuvent s’aggraver à des moments précis pendant le cycle menstruel. Comme les hormones jouent un rôle dans la durée de transit des aliments à travers le tube digestif, ceci pourrait expliquer la prédominance du SII chez les femmes.

Il est important de noter que puisqu’il n’existe aucune preuve définitive sur la cause du SII, de nombreuses « causes » possibles qui ont été promues et des « remèdes » qui ont été publiés par rapport à ce syndrome ne sont que de simples spéculations.

Gestion

Le tractus gastro-intestinal est un système extrêmement complexe, influencé par de nombreux nerfs et de nombreuses hormones. Il est clair que les sécrétions et la motilité de l'intestin sont influencées par le type d'aliments consommés, la fréquence de la consommation et l'environnement dans lequel elle se produit, ainsi que par divers médicaments.

L’aspect le plus important du traitement du SII est que les patients apprennent à reconnaître la nature de leurs symptômes spécifiques et tout facteur qui a le potentiel d’aggraver ou de déclencher ces symptômes. Il est également utile de reconnaître qu’il peut prendre du temps à l’intestin de reprendre un fonctionnement plus normal.

Modifications à l’alimentation et au mode de vie

L’intestin répond à la façon dont nous mangeons et à l’heure à laquelle nous mangeons. Il est donc important de manger des repas réguliers, bien équilibrés et à portions modérées plutôt que d’avoir une alimentation irrégulière et variable. Certains symptômes du SII peuvent s'améliorer si l'on prend suffisamment de temps pour manger régulièrement et suivre les routines de toilette.

Certains patients qui souffrent du SII affirment que les gras alimentaires ainsi que l’additif alimentaire, glutamate monosodique (GMS), déclenchent des symptômes. D’autres patients qui souffrent du SII ont trouvé bénéfique un régime faible en glucides. Les symptômes de certains patients s’aggravent quand ils boivent beaucoup de liquide en mangeant. D’autres trouvent que consommer des fruits et des légumes cuits, plutôt que crus, réduit les symptômes du SII.

Le patient aux prises avec le SII devrait éviter ou réduire la consommation de stimulants gastro-intestinaux comme la caféine, la nicotine et l’alcool particulièrement si son symptôme principal est la diarrhée.

En gardant un journal alimentaire et en prenant note de tous les effets indésirables, vous pourrez rapidement déterminer quels aliments occasionnent des problèmes afin de les éliminer de votre diète et trouver une approche qui vous convient le mieux. Assurez-vous de consulter un diététiste professionnel avant d’éliminer un groupe alimentaire à long terme. Pour plus d'informations sur les groupes alimentaires et une alimentation équilibrée, consultez le Guide alimentaire canadien, disponible auprès de Santé Canada.

Les patients qui souffrent du SII ne produisent pas nécessairement plus de gaz intestinaux que ceux qui n’en souffrent pas, mais leurs intestins pourraient être extrêmement sensibles au passage de gaz. Il pourrait être bénéfique de réduire la quantité d’air avalé puisqu’elle est la source principale de gaz intestinaux et d’éviter de consommer en grande quantité les aliments qui produisent des gaz.

Pour diminuer la quantité d’air avalé, évitez de mâcher de la gomme, d’engloutir les aliments, de faire passer les aliments avec des liquides et de boire à petites gorgées des boissons chaudes. Les prothèses dentaires mal ajustées, l’écoulement post-nasal chronique, la douleur chronique, l’anxiété ou la tension peuvent aussi contribuer à augmenter la quantité d’air avalé.

Pour réduire la quantité de gaz produite par la digestion, les patients pourraient trouver bénéfique de gérer leur consommation de glucides non digestibles. Les haricots qui contiennent les glucides complexes, la raffinose et la stachyose, sont une source commune de gaz intestinaux. Certaines personnes trouvent que les suppléments alimentaires Beano® ou Digesta® aident à réduire la quantité de gaz produite par les bactéries du côlon lors de la digestion des glucides. Certaines personnes qui souffrent du SII pourraient aussi souffrir d’une intolérance au lactose. Afin que le corps puisse bien digérer le lactose, le sucre présent dans le lait, il requiert l’enzyme appelé lactase; si l’on ne produit pas suffisamment de lactase, les produits laitiers peuvent être une source de glucides non digestibles. Consultez votre médecin pour savoir si cette affection contribue possiblement à vos symptômes de gaz intestinaux. La lactase est disponible comme supplément alimentaire pour ceux qui ont une intolérance au lactose et qui aimeraient quand même consommer des produits laitiers.

En plus des haricots et du lactose, de nombreux fruits et autres légumes sont générateurs de gaz; cependant, tous ne réagissent pas de la même façon à ces aliments. Au lieu de complètement supprimer les aliments générateurs de gaz de la diète et de perdre le bénéfice de leurs fibres et de leur important contenu nutritif, essayez plutôt de les manger en plus petites quantités tout au long de la journée et augmentez graduellement leur consommation, selon ce que vous arrivez à tolérer. Certains édulcorants hypocaloriques, surtout les polyalcools tels que le mannitol, le xylitol et le sorbitol peuvent occasionner des gaz, des ballonnements, une diarrhée et une gêne abdominale s’ils sont consommés en grandes quantités. (Le suffixe « itol » indique des polyalcools.)

Fibres

Une mesure importante pour contrôler les symptômes du SII est d’augmenter la consommation de fibres alimentaires végétales que le corps humain ne peut pas digérer de soi-même. La teneur en fibres des aliments reste inchangée avec la cuisson, bien que le processus puisse changer leurs effets dans l’intestin. Lorsque l’on considère consommer des fibres, il est important de noter la teneur en fibres et le type de fibres (solubles ou insolubles) que contiennent les aliments.

Augmentez graduellement votre consommation de fibres alimentaires, ce qui permettra à votre corps de s’adapter au changement, tout en veillant à augmenter la quantité d’eau que vous buvez. Cela permettra de minimiser les effets négatifs qui peuvent découler d’un changement brusque au régime alimentaire. Votre médecin ou votre diététiste pourra recommander l’ajout d’une de nombreuses préparations commerciales de fibres concentrées telles que Benefibre®, Fibresure™, ou Metamucil® à votre régime alimentaire.

Les fibres insolubles augmentent le volume des selles, augmentent le tonus musculaire colique, et accélèrent la durée de transit du contenu gastro-intestinal, soulageant ainsi les symptômes de la constipation.

Les fibres qui sont insolubles dans l'eau comprennent :

  • la lignine (trouvée dans les légumes)
  • la cellulose (trouvée dans les grains entiers)
  • l’hémicellulose (trouvée dans les céréales et légumes)

Les fibres solubles forment des gels lorsqu’ils sont mélangés avec de l’eau, ce qui rend le contenu intestinal plus collant et résistant au flux (visqueux) de sorte que la nourriture reste plus longtemps dans le tube digestif. Cela est important pour les personnes qui souffrent de diarrhée.

Voici quelques exemples de fibres qui sont solubles dans l'eau comprennent :

  • les pectines (p. ex., les pommes, les bananes, les pamplemousses, les oranges, les fraises)
  • les gommes (p. ex., le chou, le chou-fleur, les pois, les pommes de terre, l’avoine, l’orge, les lentilles, les pois secs, les haricots)

Il est important de noter que chez certains patients qui souffrent du SII-D, une alimentation trop riche en fibres de son peut provoquer une diarrhée plus fréquente, tandis que d’autres types de fibres pourraient quand même être bénéfiques. Consultez votre médecin ou votre diététiste si vous avez des questions concernant les fibres dans votre diète.

Stress

Distinct du système nerveux central, l’intestin possède son propre système nerveux autonome (entérique), qui régule le processus de digestion des aliments et l’élimination des déchets solides. Le système nerveux entérique communique avec le système nerveux central et ils s’influencent mutuellement. De nombreux patients qui souffrent du SII signalent des niveaux élevés de stress, ce qui peut être attribué à des facteurs tels que de mauvaises habitudes de sommeil, trop de travail et une consommation excessive de caféine, d’alcool ou de tabac. Le SII n’est pas un trouble psychologique, même si le stress, la dépression, la panique ou l’anxiété peuvent aggraver les symptômes intestinaux. L’exercice et le repos adéquats peuvent aider à réduire le stress et avoir une influence positive sur les symptômes du SII.

Les traitements psychologiques comme les techniques de relaxation, la gestion du temps, les changements de mode de vie, et la restructuration cognitive peuvent accentuer le traitement médical.

Médicaments

Les chercheurs continuent de chercher de nouveaux médicaments pour traiter les symptômes du SII et votre médecin pourrait donc vous prescrire des produits autres que ceux énumérés. Voir le tableau des médicaments ici.

Comme le SII se présente principalement comme un trouble de motilité, les médecins prescrivent généralement des médicaments qui ciblent cette condition. Les agents en question, le bromure de pinavérium (Dicetel®) et le maléate de trimébutine (Modulon®) aident à rétablir le processus normal de contraction de l’intestin. Ils sont plus efficaces lorsqu’ils sont pris pendant un cycle complet de traitement et ne sont pas conçus pour un soulagement immédiat des symptômes ni pour une utilisation sporadique ou intermittente. Le Dicetel® est un antagoniste du calcium sélectif à l’appareil gastro-intestinal, qui agit en bloquant l’absorption du calcium, et contribue à synchroniser les mouvements des muscles intestinaux. Le Dicetel® traite tous les symptômes du SII : la douleur abdominale, les ballonnements, la constipation et la diarrhée, chez les femmes et les hommes. Le Modulon® régule la motilité en modérant l’affinité des récepteurs opiacés kappa et ralentit les mouvements de l’intestin.

Les médicaments antidiarrhéiques suivants fonctionnent en modifiant l’activité musculaire de l’intestin, et ce faisant diminuent la durée de transit des aliments :

  • le lopéramide non narcotique (Imodium®), également utile dans l'incontinence fécale, car il aide à resserrer le sphincter anal
  • les agents narcotiques tels que la diphénoxylate (Lomotil®), la codéine, la teinture d'opium et l’élixir parégorique
  • les agents antispasmodiques qui bloquent la transmission des impulsions nerveuses, tels que le sulfate de hyoscyamine (Levsin®), le dicyclomine (Bentylol®), et le butylbromure de hyoscine (Buscopan®)

Les médicaments antidiarrhéiques ne sont pas généralement utiles à long terme pour les personnes qui souffrent du SII-A, et sont déconseillés chez celles qui souffrent du SII-C.

Certains produits peuvent soulager la diarrhée et la constipation à la fois en gonflant l’intestin, l’aidant à mieux fonctionner en régulant la durée de transit de son contenu et la consistance des selles. Parmi ces produits sont divers agents de masse qui ajustent la consistance et la fréquence des selles en absorbant (se liant à) l’eau. Les produits commerciaux contenant des fibres et qui offrent ces bienfaits sont les céréales de son, les enveloppes d’ispaghula, les graines de psyllium (Metamucil®), la gomme de guar (Benefibre®), et l’inuline (FibresureTM). N’oubliez pas d’y aller doucement lors de l’ajout de ces produits à votre diète et d’augmenter votre consommation d’eau. Lisez attentivement les étiquettes, ou consultez un pharmacien pour vous assurer que le produit aidera à soulager vos symptômes.

D’autres médicaments pourraient réduire les symptômes par leur différent mode d’action. Par exemple, les enzymes pancréatiques telles que Cotazym®, Creon®, Pancrease®, Ultrase® et Viokase® peuvent aussi, dans un petit nombre de cas, soulager les symptômes du SII en facilitant la digestion. Les agents qui lient les sels biliaires, comme la résine de cholestyramine (Questran®), aident à traiter la diarrhée et sont particulièrement utiles lorsque la durée de transit des aliments dans l’intestin grêle est très rapide. Les antidépresseurs et les médicaments contre l’anxiété peuvent, à faibles doses, aider le système nerveux entérique à se détendre. Ils peuvent aussi soulager la douleur et améliorer les troubles du sommeil. Iberogast®, un médicament composé d’extraits de plantes, peut aider à soulager les symptômes du SII. L’efficacité de ces agents diffère d’une personne à l’autre.

Probiotiques

Les probiotiques sont des microorganismes vivants (bactéries et levures) qui colonisent normalement l’intestin humain et qui sont essentiels au maintien d’une fonction gastro-intestinale normale. Ces probiotiques sont souvent connus sous le nom de flore intestinale, bien que ce terme ne soit pas tout à fait approprié puisque la flore se rapporte aux plantes, et non aux microorganismes. Certaines recherches font un lien entre l’origine et le développement de divers troubles intestinaux chroniques (pathogenèse) et les perturbations de la flore intestinale elle-même ou encore à l’incapacité du corps à interagir correctement avec la flore. Ces résultats ont encouragé les scientifiques à développer de nouvelles façons de modifier l’écosystème intestinal complexe comme moyen de thérapie. Ils ont également invité la communauté médicale à intensifier leurs efforts pour réduire l’utilisation des antibiotiques, puisque ces produits peuvent perturber l’équilibre naturel des microorganismes dans l’intestin.

Bien que les probiotiques aient un attrait particulier dans le traitement du SII, les défis associés à ce traitement sont nombreux. Bon nombre de produits ne contiennent pas la quantité de bactéries vivantes comme le prétendent leurs étiquettes. De plus, les puissants acides gastriques tuent la plupart des probiotiques (que les fabricants d’aliments ajoutent aux aliments comme le yogourt) avant qu’ils atteignent le côlon, où ils ont besoin d’être en état vivant pour faire leur travail. Si vous souhaitez ajouter des probiotiques à votre alimentation, il est probable que vous ne les trouverez pas en quantité assez suffisante dans le yogourt pour améliorer votre santé digestive, comme le prétendent certains spécialistes du marketing.

Certains produits commerciaux contiennent effectivement des quantités suffisantes de probiotiques et leur préparation spéciale leur permet de franchir l’environnement acide de l’estomac. Les nouvelles découvertes scientifiques suggèrent que des probiotiques particuliers ne sont efficaces que pour certaines conditions médicales. Nous demandons donc aux consommateurs de s’assurer que les probiotiques qu’ils achètent ont été éprouvés comme traitement pour leur condition médicale.

Un exemple d’un probiotique visant spécifiquement les symptômes du SII est la bactérie Lactobacillus plantarum 299V (TuZen®) dont l’efficacité dans le soulagement des douleurs abdominales, des ballonnements, de la constipation et de la diarrhée a été éprouvée. Un autre exemple est la bonne levure Saccharomyces boulardii (Florastor®) dont l’efficacité dans la régulation de la fréquence et de la consistance des selles a été éprouvée.

Les véritables avantages et risques potentiels des probiotiques sur la santé GI n’ont pas encore été déterminés, mais la recherche dans ce domaine novateur progresse rapidement. De nouvelles recherches ont identifié un probiotique précis, Lactobacillus reuteri, (Gouttes BioGaia®), efficace dès la petite enfance pour réduire les épisodes de coliques. Au fur et à mesure que notre compréhension du milieu complexe de microorganismes existant dans l’intestin humain s’approfondit, nous serons possiblement en mesure de personnaliser les traitements aux probiotiques pour en faire des traitements importants et efficaces du SII.

L’avenir

Au fil du temps, avec la compréhension et l’adhésion fidèle à un plan de traitement individualisé, de nombreux patients qui souffrent du syndrome de l’intestin irritable peuvent s’attendre à une amélioration importante de leur état. En fait, les statistiques montrent qu’environ 10 % des patients atteints du SII voient leurs conditions s’améliorer chaque année, même si un autre 10 % développe la condition, ce qui maintient le pourcentage de personnes dans la population atteintes de SII à un moment donné relativement constant.

Le SII demeure une condition qui peut appauvrir sérieusement la qualité de vie d’une personne, et malheureusement, ce ne sont pas toutes les personnes atteintes du SII qui verront leurs symptômes disparaître. Dans la plupart des cas, le traitement sera continu et individualisé pour répondre aux besoins spécifiques des patients et pour améliorer leur fonctionnement quotidien.

Syndrome de l’intestin irritable (SII) — Tableau de médicaments et de traitements

Douleur abdominale


Analgésiques pour soulager la douleur abdominale: Antidépresseurs: Antispasmodiques: Opioïdes entériques: Antagoniste du calcium sélectif à l’appareil digestif: Autres:
la préférence est l'acétaminophène (Tylenol®) sans codéine p. ex., l'amitriptyline sulfate de hyoscyamine (Levsin®), dicyclomine HCl (Bentylol®), bromure de propanthéline, butylbromure hyoscine (Buscopan®), alcaloïdes de belladone, phénobarbital maléate de trimébutine (Modulon®) bromure de pinavérium (Dicetel®) Iberogast®, Lactobacillus plantarum 299V (TuZen™)

Ballonnements (gaz intestinaux)


Antiflatulents: Antagoniste du calcium sélectif à l’appareil digestif: Agents de motilité: Autres:
siméthicone (p. ex., Gas-X®), autres agents (p. ex., Diovol®), antiacides/antiflatulents (p. ex., Maalox®) bromure de pinavérium (Dicetel®) maléate de dompéridone essence de menthe poivrée, Iberogast®, Lactobacillus plantarum 299V (TuZen™), Saccharomyces boulardii lyo (Florastor™), Lactobacillus reuteri (Gouttes BioGaia®), pour la colique infantile, qui est généralement liée aux gaz intestinaux

Constipation


Agents de masse: Antagoniste du calcium sélectif à l’appareil digestif: Agent protecteur des muqueuses: Laxatifs osmotiques: Autres:
son, graines de psyllium, ou dérivés d’enveloppes d’ispaghula (p. ex., Metamucil®), polycarbophile de calcium (Prodiem®) bromure de pinavérium (Dicetel®) misoprostol (Cytotec®) hydroxyde de magnésium (lait de magnésie), lactulose Iberogast®, Lactobacillus plantarum 299V (TuZen™)

Diarrhée


Antagoniste du calcium sélectif à l’appareil digestif: Antidiarrhéiques (groupe 1). Modifient l'activité musculaire de l'intestin, diminuant la durée du transit de son contenu : Antidiarrhéiques (groupe 2). Agents hétérogènes de masse qui modifient la consistance et la fréquence des selles en absorbant (se liant à) l’eau dans l’intestin: Autres:
bromure de pinavérium (Dicetel®) Antispasmodiques
sulfate de hyoscyamine (Levsin®), dicyclomine (Bentylol®), bromure de propanthéline, butylbromure hyoscine (Buscopan®), alcaloïdes de belladone, le phénobarbital
Agents antidiarrhéiques narcotiques
sulfate de diphénoxylate atropine (Lomotil®), codéine, la teinture d'opium, élixir parégorique
Antidiarrhéique non narcotique
chlorhydrate de lopéramide (Imodium®)
Sels biliaires liants
résine de cholestyramine (Questran®)
Agents de masse
son, graines de psyllium, ou dérivés d’enveloppes d’ispaghula (par exemple, Metamucil®), la gomme de guar, inuline (p. ex., Benefibre™, Fibresure™)
Iberogast®, Lactobacillus plantarum 299V (TuZen™), Saccharomyces boulardii (Florastor™)