Symptômes/ComplicationsDiagnosticGestionL’avenir

Constipation

Il est tout à fait normal de passer des selles (déféquer) aussi fréquemment que trois fois par jour et aussi rarement que trois fois par semaines, aussi longtemps que les selles (matières fécales) soient molles et confortables à passer. Une personne souffrant de constipation a des selles dures ou grumeleuses, difficiles à passer. La constipation chronique touche de 15 à 30 % des Canadiens et est très commune chez les jeunes enfants et les personnes âgées, trouvée plus fréquemment chez le sexe féminin que chez le sexe masculin.

La durée de transit est le temps qui s’écoule entre le moment où la nourriture entre dans la bouche et celui où elle est finalement éliminée comme déchet sous forme de selles. Un repas peut prendre entre 12 et 72 heures à traverser le tube digestif. Chaque personne est unique; ce qui est normal à l’égard des selles pour une personne peut être très différent pour les autres membres de la famille ou les amis. Certaines personnes n’ont pas d’habitudes régulières et ne savent jamais à quoi s’attendre. La plupart des nutriments ont habituellement été absorbés dans le corps avant que les aliments entrent dans le côlon dont le rôle est d’enlever l’eau. Si la durée de transit est longue, ceci signifie que les aliments se déplacent lentement à travers le côlon; la quantité d’eau absorbée est donc trop grande, produisant des selles dures.

Certains facteurs peuvent contribuer à la constipation, souvent en modifiant la durée de transit. Ils comprennent :

  • les effets secondaires des médicaments (p. ex., certains narcotiques, les antidépresseurs, la codéine, les suppléments de calcium ou de fer et les médicaments qui touchent au système nerveux);
  • les maladies ou les traitements qui produisent un changement physiologique dans un tissu ou un organe du corps (p. ex., la radiothérapie, la maladie inflammatoire de l’intestin, le cancer du côlon, le diabète, un accident vasculaire cérébral, l’hyperthyroïdie ou la maladie de Parkinson);
  • les troubles fonctionnels tels le syndrome de l’intestin irritable, la constipation idiopathique chronique, les occlusions ou les rétrécissements intestinaux consécutifs à une chirurgie; et
  • le régime alimentaire et le choix de style de vie tels un régime alimentaire trop pauvre en fibres et liquides, une activité physique insuffisante et l’utilisation chronique des laxatifs, suppositoires ou lavements.

Symptômes/Complications

La durée prolongée de la présence des selles dans le côlon exerce une pression accrue sur les intestins occasionnant des crampes abdominales et un ballonnement. Le passage des selles peut être peu fréquent, entraînant des selles dures, grumeleuses et sèches qui prennent la forme soit de plusieurs petits morceaux ronds soit d’un morceau solide et dure en forme de saucisse. La pression rectale ou la plénitude, le ballonnement, la douleur abdominale et une sensation d’évacuation incomplète sont des symptômes courants de la constipation. Le ralentissement dans le tube digestif peut aussi entraîner un faible appétit, des maux de dos, et un malaise général.

La plupart des complications résultent des efforts requis pour passer les selles. Celles-ci comprennent les hémorroïdes, les fissures anales, la diverticulose colique, des lignes rouge vif sur les selles (saignement rectal) et une affection où la paroi rectale est poussée à travers l’anus (prolapsus rectal).

Diagnostic

Un groupe d’experts a élaboré les principaux critères diagnostiques de la constipation fonctionnelle et les met à jour régulièrement. Les critères de diagnostic actuels de Rome III sont énumérés ci-dessous*.

1. qu’auDoit comprendre au moins deux des symptômes suivants :

  1. Eefforts requis pour passer les selles lors d’au moins 25 % des défécations
  2. Selles grumeleuses ou dures lors d’au moins 25 % des défécations
  3. Sensation d’évacuation incomplète lors d’au moins 25 % des défécations
  4. Sensation d’obstruction/blocage ano-rectal lors d’au moins 25 % des défécations
  5. Manœuvres manuelles pour faciliter au moins 25 % des défécations (p.ex., l’évacuation digitale ou le support des muscles du plancher pelvien)
  6. Moins de trois défécations par semaine

2. Des selles molles sont rarement présentes en absence de laxatifs

3. Critères insuffisants pour un diagnostic de syndrome de l’intestin irritable (SII)

* Les critères sont remplis depuis les trois derniers mois avec une apparition des symptômes au moins six mois avant le diagnostic.

Un médecin pourra ordonner plusieurs tests, dont une analyse de sang pour vérifier la présence de niveaux anormaux de substances telles que l’hormone thyroïdienne, les électrolytes ou le glucose, et un échantillon de selles pour détecter la présence de sang caché (occulte). D’autres tests comprennent la sigmoïdoscopie ou la colonoscopie, examens permettant au médecin de visionner l’intérieur du rectum et du côlon à l’aide d’un instrument. Un dépistage colorectal est recommandé pour les personnes âgées de plus de 50 ans chez lesquelles il y a des changements soudains au niveau des selles.

Il est important de faire la distinction entre la constipation temporaire (aiguë) et la constipation chronique puisque les recommandations et les traitements utilisés pour chacune peuvent être différents.

Gestion

Vérifiez toujours auprès de votre fournisseur de soins de santé avant d’apporter d’importants changements pour vous assurer que ces actions ne perturbent pas d’autres affections dont vous pourriez être atteint.

Modifications à la diète et au style de vie

Diète : Manger des collations et des repas bien équilibrés et à haute teneur en fibres comme l’indique le Guide alimentaire canadien et maintenir une ingestion suffisante de liquides constitue la méthode recommandée pour prévenir et gérer la constipation. (Pour des renseignements additionnels sur les fibres, contactez notre bureau.)

Exercice : L’exercice aide à déplacer les aliments plus rapidement dans le côlon. L’exercice d’aérobie, tel que la marche rapide, accélère la fréquence cardiaque et le rythme de la respiration, et aide à stimuler les contractions naturelles des muscles intestinaux.

Physiothérapie : La physiothérapie pour la dysfonction pelvienne peut comprendre la rééducation des intestins, la stimulation électrique et la correction de posture.

Pharmacothérapie

Des suppléments et médicaments sont disponibles si la constipation ne s’améliore pas malgré les changements apportés à la diète et au style de vie.

Laxatifs de lest : Ils sont constitués de fibres non digestibles qui absorbent et retiennent les liquides, et aident à former des selles molles et volumineuses (p.ex., Metamucil®, Benefibre®, Prodiem®). Bien que leur action ne soit pas rapide, ils sont sans danger pour l’utilisation à long terme. Ajoutez-les graduellement à votre diète tout en augmentant votre ingestion de liquides.

Lavements : Le lavement est l’introduction d’un liquide (normalement de l’eau), dans le rectum par l’anus. Normalement, après avoir retenu le liquide en place pour quelques minutes, il survient un besoin intense de passer des selles.

Laxatifs émollients : Ces produits fonctionnent en retenant l’eau dans les selles (p.ex., Colace®). Ils sont sans danger pour l’utilisation à long terme ainsi que pour les femmes enceintes et les personnes âgées.

Laxatifs lubrifiants : Les laxatifs lubrifiants recouvrent le côlon et les selles d’une couche imperméable permettant aux selles de rester molles et de glisser facilement dans l’intestin, normalement en 6 à 8 heures. Il ne faut pas utiliser ces produits pour plus d’une semaine puisque certains causeraient des carences en vitamines et des interactions avec d’autres médicaments. L’huile minérale est un exemple d’un laxatif lubrifiant. Ils sont contre-indiqués pour les femmes enceintes et les personnes ayant de la difficulté à avaler.

Laxatifs stimulants : Ces laxatifs augmentent les contractions musculaires pour déplacer les aliments plus rapidement dans le tube digestif (p. ex., Ex-lax®, Dulcolax®, huile de ricin, thé de séné et Senokot®). Ils sont pour une utilisation à court terme seulement et sur l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien, puisque l’usage répété peut rendre le tube digestif dépendant aux stimulants. Ils sont contre-indiqués pour les femmes enceintes.

Laxatifs hyperosmotiques : Les laxatifs hyperosmotiques encouragent le passage des selles en obtenant de l’eau des tissus environnants (lumière intestinale), ramollissant ainsi les selles. Certains de ces laxatifs peuvent entraîner un déséquilibre des électrolytes s’ils retirent trop de nutriments et d’autres substances avec l’eau. Ils peuvent augmenter la soif et la déshydratation. Il existe quatre types principaux de laxatifs hyperosmotiques :

  • Les laxatifs salins se composent de sels dissous dans un liquide; ils éliminent rapidement tout le contenu des intestins, habituellement dans un délai de 30 minutes à 3 heures. Des exemples de laxatifs salins sont les sels d’acide citrique (p.ex., Royvac®, les préparations d’hydroxyde de magnésium (p. ex., lait de magnésie Phillips’®), les sels de sulfate et le phosphate de sodium. Ils sont contre-indiqués pour l’utilisation à long terme et pour les femmes enceintes.
  • Les laxatifs au lactulose sont des agents ressemblant au sucre qui fonctionnent de façon semblable aux laxatifs salins, mais beaucoup plus lentement et sont parfois utilisés pour traiter la constipation chronique. Il faut de 6 heures à 2 jours pour obtenir des résultats.
  • Les laxatifs de polymère consistent en de grandes molécules qui aident les selles à retenir l’eau. Leur texture n’est habituellement pas grumeleuse, ils n’ont aucun goût et sont bien tolérés pour la constipation occasionnelle. Des résultats peuvent être observés dans un délai de 6 heures ou plus selon la dose. Un exemple d’un laxatif de polymère est le polyéthylène glycol (p. ex., PegaLAX®).
  • La glycérine est offerte sous forme de suppositoire et a principalement un effet hyperosmotique, mais peut également avoir un effet stimulant à cause du stéarate de sodium utilisé dans la préparation. La glycérine est offerte par plusieurs fabricants.

Agents prokinétiques ou entérokinétiques : Un nouveau médicament d’ordonnance à prise orale, le prucalopride (Resotran™), fonctionne en visant les récepteurs de la sérotonine (5-HT) présents dans les intestins. Resotran™, approuvé au Canada pour le traitement de la constipation chronique chez les femmes n’ayant obtenu aucun soulagement par un traitement aux laxatifs, fonctionne en stimulant le mouvement des muscles (péristaltisme) pour habituellement produire un passage de selles dans les deux à trois heures suivant le traitement. Des selles complètes et spontanées commencent normalement à se produire dans les quatre à cinq jours suivant le traitement.

L’avenir

Puisque la constipation peut se produire pour de nombreuses raisons, il faut souvent essayer différents médicaments avant de trouver celui qui fonctionne le mieux. Alors qu’une personne peut souffrir d’une brève crise de constipation pour ensuite retrouver une routine normale, pour une autre, la constipation peut devenir un problème de santé continu. En apportant des changements à sa diète et à son style de vie et grâce à l’utilisation adéquate de suppléments et de médicaments, la plupart des formes de constipation sont gérables. Si vos habitudes de selles changent radicalement sans aucune raison apparente, consultez votre médecin.


Le propriétaire de Resotran™, Janssen Inc., fournit de l’information en ligne au sujet de la constipation chronique. Le site comporte un vérificateur de symptômes que les patients peuvent apporter à leur médecin. Visitez www.constipationinfo.ca/fr